Bouaflé, 12 sept 2026 (AIP)-La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la professionnalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) de l’or, en accélérant l’adoption de technologies sans mercure et l’accès des communautés minières aux services financiers, a indiqué jeudi 10 septembre 2026, à Pakouabo (département de Bouaflé), le comité de pilotage du projet PlanetGOLD Côte d’Ivoire.
Cette ambition est au cœur du deuxième atelier annuel des parties prenantes du projet, placé sous le thème « Vers une exploitation aurifère sans mercure et inclusive : renforcer la transition écologique et l’accès aux services financiers pour les communautés du secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) de l’or ».
La rencontre réunit notamment des représentants de l’administration, des collectivités territoriales, des communautés minières, des coopératives, des institutions financières, des compagnies minières, des fournisseurs d’équipements et du monde universitaire, avec pour objectif d’identifier les conditions permettant aux acteurs de l’EMAPE de franchir un nouveau palier dans la structuration et la professionnalisation de leur activité.
Le président du comité de pilotage du projet PlanetGOLD, Dr Essoh Franck, a insisté sur la nécessité de conjuguer transition écologique et viabilité économique. Selon lui, l’accès à des mécanismes financiers adaptés constitue une condition essentielle pour permettre aux artisans miniers d’acquérir des équipements et technologies de traitement de l’or sans mercure.
« Notre démarche doit permettre de jeter un pont solide entre le secteur bancaire et le monde de l’orpaillage artisanal », a-t-il relevé, appelant à consolider le cadre d’action et à réfléchir à des mécanismes concrets facilitant l’accès des coopératives aux services financiers.
Pour le point focal national de la Convention de Minamata, Dr Vi Kouadio Amenan, la transition engagée ne vise pas à abandonner l’exploitation minière artisanale, mais à la rendre « plus productive, plus sûre, plus rentable et surtout compatible avec les exigences du développement durable ».
Elle a appelé à rendre les technologies sans mercure accessibles et adaptées aux réalités des sites miniers, à faciliter le financement de leur acquisition et à renforcer l’accompagnement, la sensibilisation et la coordination des acteurs.
« Dites ‘Non’ à l’orpaillage clandestin, mais ‘Oui’ à une exploitation minière artisanale et à petite échelle formelle, responsable, sans mercure et respectueuse de l’environnement », a-t-elle exhorté.
Le directeur exécutif du Centre africain pour la santé environnementale, Dr Dominique Bally Kpokro, a, pour sa part, rappelé les avancées enregistrées depuis le lancement du projet PlanetGOLD Côte d’Ivoire en 2023, notamment l’analyse du cadre réglementaire de formalisation, l’élaboration d’un guide pratique, la formation des acteurs sur les sites pilotes, l’accompagnement des coopératives et la promotion de technologies alternatives au mercure.
Il a estimé que 2026 constitue une « étape charnière » pour consolider ces acquis et accélérer la transition vers une EMAPE propre et inclusive, en s’appuyant notamment sur les expériences locales développées dans le département de Bouaflé.
Le sous-préfet de Pakouabo, Sigbeu Gbadé Donatien, représentant le préfet de la région de la Marahoué, préfet du département de Bouaflé, a souligné l’ampleur prise par l’EMAPE en Côte d’Ivoire. Selon lui, cette activité couvre désormais 24 régions et 80 % du territoire national, tout en faisant vivre directement ou indirectement des millions de personnes.
Face à cette expansion, il a appelé à choisir entre « subir le chaos de l’orpaillage clandestin » et construire une exploitation minière artisanale « responsable, inclusive, durable et respectueuse de l’environnement ».
Il a réaffirmé la position de l’Etat en faveur de la tolérance zéro contre l’orpaillage illégal et de l’accélération de la formalisation du secteur, dans le respect des engagements pris par la Côte d’Ivoire après la ratification, en 2019, de la Convention de Minamata.
Les participants à l’atelier sont appelés à formuler des recommandations pragmatiques susceptibles d’accélérer cette transition, tout en améliorant les conditions économiques, sanitaires et environnementales des communautés minières.
Une conférence inaugurale consacrée au thème « Mercure et prévention des pollutions », ainsi que deux panels portant respectivement sur « Le leasing et le financement des équipements » et « Les technologies sans mercure et leur rentabilité », ont constitué les principaux temps forts de cet atelier.
Le projet PlanetGOLD a pour objectif principal de réduire, voire d’éliminer, l’utilisation du mercure dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or (EMAPE) en Côte d’Ivoire. Il vise à protéger la santé des populations et à préserver l’environnement, tout en favorisant la transition vers un secteur minier artisanal plus durable, responsable, formalisé et inclusif.
(AIP)
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