Man, 19 oct 2026 (AIP)-Une délégation de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire a effectué, vendredi 16 octobre 2026, une mission de supervision sur le site de la Chambre des métiers de Man, afin d’examiner les difficultés d’approvisionnement en bois des menuisiers et d’identifier des pistes de solution avec les responsables des unités de scierie.
Mandatée par le président national de la Chambre des métiers, Bamba Kassoum, la délégation a échangé avec les responsables des scieries présentes sur le site pour examiner les conditions d’accès à la matière première et les possibilités de renforcer l’approvisionnement des ateliers locaux.
Cette mission intervient dans un contexte de revendications des professionnels du bois, qui demandent un cadre de concertation avec les pouvoirs publics pour faciliter leur accès à la matière première.
Lors d’une rencontre tenue le 2 octobre à Abidjan, Bamba Kassoum avait évoqué la possibilité de réserver une partie de la production des scieries aux artisans et de mettre en place des centrales d’achat pour faciliter leur approvisionnement.

« L’urgence aujourd’hui, c’est que le secteur du bois en Côte d’Ivoire vit un handicap. Nous rencontrons d’énormes difficultés en matière d’approvisionnement de bois au niveau local », a déclaré le chef de mission, Sangaré Ibrahima, président de la Chambre des métiers du Nord-Ouest.
Selon lui, les échanges avec les responsables des scieries ont permis de relever les difficultés liées à l’accès à la matière première.
Il a expliqué que les unités disposent de machines, mais dépendent de fournisseurs extérieurs qui leur apportent les grumes à transformer, avant de commercialiser le bois.
« Les scieries en Côte d’Ivoire n’ont pas de bois. Elles ont des machines, mais ce sont des personnes extérieures qui ont le monopole du bois, qui leur fournissent le bois et qu’elles travaillent et qu’ils viennent récupérer pour aller vendre hors du pays par la suite », a-t-il indiqué.
La délégation a examiné la possibilité d’établir un partenariat avec une unité de scierie pour faciliter l’approvisionnement des artisans. Selon M. Sangaré, cette démarche constitue une première piste avant l’exploration d’autres voies pour répondre aux besoins des ateliers.
Le président régional de la Chambre des métiers de Man et quatrième vice-président du bureau national, Dou Viko Vitalino, a confirmé les difficultés rencontrées par les artisans, qui ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour commander du bois en grandes quantités.
« Les scieries n’ont plus de bois et ce qu’elles disposent aussi pour nous qui sommes les acteurs locaux, c’est difficile, voire impossible de nous ravitailler », a-t-il relevé.
Il a précisé que les scieries leur proposent généralement du bois sur commande, une modalité qui ne correspond pas aux capacités financières de nombreux menuisiers, contraints d’effectuer des achats individuels selon leurs moyens.
À l’issue des consultations, Dou Viko Vitalino a indiqué que la mission rendrait compte à la direction nationale de la Chambre des métiers afin que des solutions soient examinées. Il a appelé les artisans à ne pas se décourager, dans l’attente des mesures qui pourraient être proposées.

Pour le président du Comité interprofessionnel départemental de Man, Moussa Kéita, la démarche ouvre une perspective pour les artisans. Il a relevé que le manque de bois modifie les pratiques dans le secteur du bâtiment.
« Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, à cause du manque de bois, les portes et fenêtres se font en fer parce qu’il n’y a plus de bois », a-t-il déclaré, estimant que cette situation menace la continuité du métier de menuisier.
Le président des menuisiers de Man, Mamadou Bakayoko, dit Pharaon, a également exposé les difficultés des professionnels qui ne parviennent pas à se procurer du bois dans les scieries de la ville. « Il y a des scieries à Man, mais nous ne pouvons pas avoir le bois pour travailler », a-t-il affirmé, appelant les autorités à se pencher sur la situation des artisans.
Il a évoqué les contrôles des agents des Eaux et Forêts et les difficultés liées à l’utilisation de bois dont l’exploitation est interdite. Selon lui, plusieurs ateliers ont fermé en raison du manque de matière première.
Le chef de la mission à Man, Sangaré Ibrahima a appelé l’État à prendre en compte les conséquences de cette situation sur l’emploi, notamment celui des jeunes en apprentissage. Il a rappelé que les ateliers de menuiserie accueillent des apprentis dont la formation et les perspectives professionnelles dépendent de la poursuite des activités.
La délégation doit rendre compte au président de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire des conclusions de cette mission, en vue de déterminer les mesures susceptibles de faciliter l’accès des menuisiers au bois et de soutenir l’approvisionnement du marché local.
(AIP)
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