La mission s’est déroulée à Abidjan et dans la région de la Mé, l’une des zones d’intervention du programme, rapporte une note d’information transmise à l’AIP mardi 20 octobre 2026.
Présidées par le directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Gba Téan, les séances de travail ont réuni les équipes techniques et les partenaires financiers afin de faire le point sur les avancées du programme et de définir une feuille de route adaptée aux réalités du terrain.
Conduite par le spécialiste principal en gestion foncière à la Banque mondiale, le Dr André Teyssier, la mission a examiné, avec les équipes de l’Agence foncière rurale (AFOR), les opérateurs fonciers et les autres parties prenantes, l’état d’avancement des opérations techniques, les résultats enregistrés ainsi que les projections aux 31 décembre 2026 et 30 juin 2027.
Les travaux ont également porté sur le rapport d’évaluation à mi-parcours du PRESFOR, le plan d’actions prioritaires et les aspects juridiques, informatiques, environnementaux, sociaux et fiduciaires du programme.
Selon les conclusions présentées par M. Teyssier, en présence de représentants de la Primature, des ministères et des structures techniques, un million d’hectares avaient été certifiés au 13 octobre 2026, après dix mois de travaux de terrain, soit un taux de réalisation de 20 % de l’objectif global.
Sur les six indicateurs liés aux décaissements, l’AFOR en avait réalisé quatre, pour un taux de décaissement de 63,5 % au 30 juin 2026. Par ailleurs, il a été recommandé de réviser les cibles de quatre indicateurs afin de les adapter davantage aux réalités du terrain.
La mission a également recommandé à l’AFOR d’accorder une attention particulière à la taille moyenne des superficies certifiées, en révisant le mode de rémunération des opérateurs fonciers afin de favoriser la prise en compte des parcelles de petite taille.
L’Agence devra aussi veiller au respect des mesures de sauvegarde sociale et environnementale, notamment en matière de collecte et de gestion des plaintes ainsi que de sécurité routière. Elle est, en outre, appelée à poursuivre la dématérialisation des procédures de sécurisation foncière rurale.
La mission a, par ailleurs, relevé avec satisfaction que la participation effective de l’ensemble des parties prenantes facilite les échanges et la recherche de solutions adaptées.
Elle a également permis d’apprécier les résultats obtenus sur le terrain. À Adzopé, dans la région de la Mé, 39 certificats fonciers issus du PRESFOR ont été remis à leurs bénéficiaires, illustrant concrètement les avancées réalisées auprès des communautés.
Au titre des perspectives, la Banque mondiale a formulé plusieurs recommandations, notamment l’opérationnalisation de l’Observatoire national du foncier rural (ONFR) et des instances de coordination et de suivi du Programme national de sécurisation foncière rurale (PNSFR) 2023-2033.
Il s’agit notamment du Comité interministériel de la sécurisation foncière rurale (CISFOR), du Comité technique de suivi (CTS) et de la Commission interministérielle de la sécurisation foncière (CISF), dont l’opérationnalisation est également préconisée.
La Banque mondiale recommande également la mise en œuvre de la stratégie de pérennisation du financement du PNSFR et l’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds en vue de mobiliser les ressources nécessaires à son financement.
Ses recommandations portent également sur une meilleure prise en compte des petites parcelles, la réduction de la taille moyenne des superficies certifiées, l’harmonisation des politiques foncières et le renforcement de la synergie d’action entre les administrations ivoiriennes intervenant dans le domaine foncier. L’opérationnalisation de l’Identifiant unique du foncier de Côte d’Ivoire (IDUFCI) figure également parmi les priorités.
En outre, la Banque mondiale préconise la mise à la disposition de l’AFOR des données domaniales et cadastrales détenues par d’autres administrations, notamment le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, les services du cadastre et l’Agence de gestion des routes (AGEROUTES).
Cette mise en commun des données devrait permettre de mieux délimiter le domaine foncier rural susceptible d’être certifié. La mission recommande également d’engager une réflexion sur la durabilité du certificat foncier.
Gba Téan a remercié la Banque mondiale pour son accompagnement technique et financier de la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de sa politique foncière rurale. Il a félicité le directeur général de l’AFOR, Marc Koffi Gnalhey, pour les résultats obtenus à mi-parcours, avant de l’encourager à poursuivre les efforts en vue de l’atteinte des objectifs fixés.
Mis en œuvre par l’AFOR sur la période 2024-2029, le PRESFOR vise à délimiter 1 447 territoires villageois et à délivrer 500 000 certificats fonciers, en vue de sécuriser cinq millions d’hectares de terres rurales dans 16 régions administratives, couvrant 52 départements, 218 sous-préfectures et 3 353 villages.
La prochaine mission de suivi de la Banque mondiale est prévue au premier trimestre 2027.
(AIP)
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