Bondoukou, 20 juil 2025 (AIP) – Le ministre, gouverneur du district du Zanzan, Dr Touré Souleymane, a exprimé vendredi son engagement en faveur de l’élimination de la fistule obstétricale en Côte d’Ivoire, appelant l’État à renforcer ses efforts pour éradiquer cette maladie invalidante, qui touche chaque année entre 250 et 500 femmes à travers le pays.
« Pendant 35 ans, j’ai vécu ces réalités en tant que gynécologue-obstétricien. La fistule met la femme à côté de la vie. Il est temps que nous prenions nos responsabilités. Le chef de l’État est très sensible aux besoins de santé et d’infrastructures. Il faut que l’État continue d’investir pour éradiquer cette maladie », a plaidé Dr Touré, lors d’une cérémonie de sensibilisation et de plaidoyer tenue à l’Établissement public hospitalier régional (EPHR) de Bondoukou.
Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la campagne de traitement gratuit des cas de fistule obstétricale initiée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et de l’Association ivoirienne pour le bien-être familial (AIBEF), une ONG nationale œuvrant pour la santé sexuelle et reproductive, en particulier celle des femmes vulnérables.
Dr Touré a annoncé une contribution de deux millions de francs CFA au nom du district du Zanzan, et plaidé pour un renforcement de la formation continue des professionnels de santé. « La médecine évolue constamment. Nous devons rester des élèves à vie », a-t-il souligné.
La campagne actuelle, financée par l’UNFPA grâce à l’appui de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), a permis la prise en charge de 33 femmes, dont 21 ont pu bénéficier d’interventions chirurgicales. Depuis 2012, près de 1000 femmes porteuses de fistules ont été soignées dans la région du Gontougo.
La représentante résidente de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, Mme Cécile Compaoré Zoungrana, a salué les efforts conjoints du gouvernement et des partenaires techniques. Elle a annoncé l’organisation d’une levée de fonds nationale visant à mobiliser un milliard de FCFA d’ici décembre 2025 pour renforcer la lutte contre la fistule, indiquant qu’environ 75 milliards de FCFA seraient nécessaires pour atteindre l’objectif d’élimination à l’horizon 2030. « C’est possible. Ce n’est qu’une question d’engagement collectif », a-t-elle déclaré.

Pour le directeur géneural de l’office national de la population (ONP), Hinin Moustapha, cette activité est fondamentale pour le bien des femmes porteuses de fistules obstétricales dans cette zone. Elle s’intègre dans la semaine de la population.
La responsable des projets spécifiques de l ‘AIBEF, Mme Koffi Hortense, a quant à elle plaidé pour la création d’un centre de transit post-opératoire afin de faciliter la convalescence et la réinsertion des femmes opérées, victimes de stigmatisation. Elle a mis l’accent sur l’importance d’un soutien psychologique et d’une autonomisation économique, via notamment la remise de kits agricoles et d’activités génératrices de revenus financés par l’UNFPA à travers KOICA.
Au nom des bénéficiaires, Nioulé Geneviève a exprimé sa gratitude aux partenaires et aux autorités. « Vous avez entendu nos pleurs. Vous nous avez offert un traitement gratuit et redonné l’espoir de revivre. Merci pour tout », a-t-elle témoigné, émue.
Des kits d’hygiène, dits « kits de dignité », ont été remis aux femmes opérées à l’issue de la cérémonie. L’événement s’est déroulé en présence de la maire adjointe de Bondoukou, Mme Hien Herry, des secrétaires généraux 1 et 2 de la préfecture, Coulibaly Mamadou et Loan Constant, des représentants du Conseil régional du Gontougo, ainsi que du directeur de l’EPHR de Bondoukou, Adolphe Segba Bahi.
(AIP)
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