Bouaké, 5 nov 2026 (AIP)- La première édition du Colloque international pluridisciplinaire sur les questions rurales en Afrique, tenue du 2 au 4 novembre 2026 à l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, a formulé cinq recommandations pour renforcer la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique et aux mutations technologiques.
Placée sous le thème « Repenser le développement agricole à l’ère du changement climatique et de l’intelligence artificielle », la rencontre a réuni des autorités administratives, des enseignants-chercheurs, des organisations professionnelles agricoles, des partenaires techniques et financiers et des acteurs de la société civile de Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Maroc, du Congo, du Cameroun, de France et du Togo.
Les travaux ont porté sur quatre axes : les politiques agricoles, l’entrepreneuriat et le développement durable, le financement agricole et l’inclusion financière, le foncier rural et la sécurisation des terres, les pratiques agricoles, l’intelligence artificielle et l’innovation numérique.
Les communications ont examiné les politiques agricoles africaines au regard des engagements internationaux, notamment, le PDDAA/CAADP, l’ECOWAP et le PNIA. Elles ont également abordé l’utilisation des pesticides, notamment, à Abidjan et à Bouaké, les effets de l’industrialisation sur l’agriculture périurbaine, la dépendance des revenus des producteurs de cacao et les difficultés d’accès des femmes et des jeunes aux chaînes de valeur de la mangue et de l’anacarde.
Les échanges ont aussi porté sur le rôle des coopératives dans l’entrepreneuriat rural, les difficultés d’accès au crédit et leurs conséquences sur la productivité agricole. Les participants ont relevé la contribution des financements rotatifs et des Associations de valorisation de l’entraide communautaire (AVEC) à l’autonomisation des producteurs, ainsi que les obstacles administratifs à l’accès des femmes et des jeunes aux financements publics.

La question foncière a été abordée sous l’angle de l’accès des femmes à la terre, des droits d’héritage et de veuvage, de la certification foncière et des transferts intergénérationnels des droits d’usage. Les communications ont également présenté le rôle des organisations paysannes dans la sécurisation foncière.
Concernant l’innovation numérique, les travaux ont mis en évidence les possibilités offertes par l’intelligence artificielle dans l’observation des cultures, le diagnostic, la prévision, la traçabilité et l’aide à la décision, sous réserve de son appropriation par les acteurs locaux.
Au terme des échanges, les participants ont relevé plusieurs contraintes, notamment, la vulnérabilité climatique, les difficultés de financement, l’insuffisance des infrastructures, les conflits fonciers, l’utilisation inadaptée des pesticides et les faiblesses de la vulgarisation agricole.
Ils ont recommandé de faciliter l’accès à la terre, aux semences de qualité, aux intrants et aux équipements, de développer des financements adaptés aux cycles agricoles, notamment, les crédits saisonniers, la microfinance et les assurances agricoles, et de renforcer l’accès des femmes et des jeunes aux ressources foncières et financières.
Les recommandations portent également sur la réhabilitation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration du stockage, de la transformation et du transport pour réduire les pertes post-récolte, ainsi que la promotion d’une transition numérique inclusive et le renforcement des liens entre la recherche, la vulgarisation et les organisations paysannes.
(AIP)
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