Abidjan, 06 nov 2026 (AIP)- Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), en partenariat avec le Forum des ONG et Associations d’aide à l’enfance en difficulté, a lancé vendredi 6 novembre 2026 à Abidjan Plateau, le projet PROCARE, destiné à renforcer le système de gestion des cas d’enfants victimes ou exposés aux risques de violences, d’exploitation et de négligence dans la chaîne d’approvisionnement du cacao en Côte d’Ivoire.
La cérémonie, organisée au cabinet du ministère, s’est déroulée en présence de représentants de l’administration publique, des organisations de la société civile, du système des Nations unies et du secteur privé, notamment du groupe Barry Callebaut, partenaire du projet.
Selon le coordonnateur du projet, Cédric Gnondé, PROCARE s’inscrit dans le processus de renforcement du système national de gestion des cas et de gestion de l’information sur la protection de l’enfant, engagé depuis septembre 2021.
Il vise notamment à améliorer la coordination entre les acteurs publics et privés, afin de garantir une prise en charge durable des enfants identifiés en situation de vulnérabilité ou de travail.
Présentant les principales orientations du projet, M. Gnondé a indiqué que sa mise en œuvre reposera sur cinq axes stratégiques, notamment le renforcement des mécanismes communautaires de protection de l’enfant, l’amélioration des capacités des structures sociales, la coordination des interventions, le contrôle de la qualité des services et l’élaboration d’un protocole de référencement entre le secteur privé et les services de l’État.
Le projet ambitionne de toucher plus de 1 700 enfants répartis dans 17 régions, 33 départements, 74 sous-préfectures et environ 334 communautés. Il prévoit également la mobilisation d’une centaine de travailleurs sociaux et l’implication d’une quarantaine de structures sociales.
Les échanges avec les participants ont notamment porté sur la nécessité de préserver les acquis existants, d’éviter la surcharge de travail des travailleurs sociaux et de garantir la pérennité des outils numériques de gestion des cas.
En réponse aux préoccupations soulevées, le coordonnateur a souligné l’importance de la coordination entre les partenaires et de l’implication des services étatiques dès le démarrage du projet, afin de favoriser la continuité des actions au-delà de la période de financement.
Le président du conseil d’administration du Forum des ONG, Osseï Kouakou, a, pour sa part, insisté sur la place centrale de l’État dans le dispositif de protection de l’enfant.
« Il est impossible d’œuvrer en faveur de l’enfant sans être en synergie avec les institutions étatiques », a-t-il affirmé, estimant que les travailleurs sociaux constituent un maillon essentiel du mécanisme de prise en charge.
Le représentant de Barry Callebaut, Abdel Kacou, a réaffirmé l’engagement de son groupe à accompagner cette initiative, soulignant qu’une chaîne d’approvisionnement durable du cacao ne saurait se construire sans le respect des droits des enfants dans les communautés productrices.
Procédant au lancement officiel du projet au nom de la ministre, le directeur de cabinet, Moussa Diarassouba, a rappelé l’ampleur des défis liés à la protection de l’enfance. Il a notamment indiqué que les structures du ministère et leurs partenaires ont pris en charge 6 966 cas de violences, d’exploitation et de négligence en 2025.
« La réussite du projet se mesurera à une seule exigence : que chaque enfant trouve quelqu’un pour le croire, le protéger et l’accompagner jusqu’au bout », a-t-il déclaré.
Il a invité l’ensemble des acteurs institutionnels, de la société civile et du secteur privé à conjuguer leurs efforts pour faire de la filière cacao ivoirienne un secteur respectueux des droits et du bien-être des enfants.
(AIP)
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