Zouan-Hounien, 24 juil 2025 (AIP)- Une mission de la Commission économique, financière et d’évaluation des politiques publiques de l’Assemblée nationale, conduite par Antoni Gorou, a séjourné le mercredi 23 juillet 2025 à Zouan-Hounien pour s’enquérir de la situation du commerce frauduleux du café et du cacao.
La délégation parlementaire a eu une séance de travail à la préfecture, en présence des autorités administratives et des représentants des producteurs agricoles du département.
En ouvrant les échanges, le préfet Moussa Dao a salué cette initiative et rappelé que la lutte contre le trafic illicite des produits agricoles constitue un enjeu national majeur pour la stabilité économique et sociale des zones rurales.
Le député Antoni Gorou a précisé que cette mission vise à « recueillir les préoccupations des producteurs, identifier les réseaux impliqués dans le trafic, et soumettre un rapport détaillé au président de l’Assemblée nationale ». Il a plaidé pour une collaboration étroite entre les producteurs et les autorités locales, estimant que le trafic frauduleux « ne profite à personne » et fragilise toute la chaîne de valeur café-cacao.
Les producteurs, à travers leur porte-parole Raphaël Kouangoua Tiémoko, secrétaire général des planteurs de Zouan-Hounien, ont exposé les causes de cette fraude persistante. Ils ont dénoncé la précarité de leurs conditions de vie, le mauvais état des pistes rurales, l’enclavement des zones de production malgré la route principale bitumée, ainsi que le manque d’accompagnement technique et financier.
Ils ont également plaidé pour un renforcement du financement des coopératives et une meilleure couverture sanitaire à travers la Couverture maladie universelle (CMU).
Des intervenants ont estimé qu’il est temps d’apporter des solutions concrètes aux souffrances des producteurs, appelant à une réponse globale qui prenne en compte les volets économique, sécuritaire, social et infrastructurel.
En clôture de la rencontre, le préfet a réaffirmé l’engagement de l’administration locale à accompagner les efforts de l’État pour enrayer le phénomène. « Ce genre de mission permet de renouer le dialogue entre les représentants de la Nation et les acteurs ruraux. Il faut en assurer la continuité pour garantir un développement équitable et durable », a-t-il souligné.
La mission parlementaire poursuivra sa tournée dans d’autres localités concernées, avec pour ambition de formuler des recommandations réalistes et applicables pour éradiquer le trafic illicite du café et du cacao.
(AIP)
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