Abidjan, 05 août 2025 (AIP) – La 5e réunion du Comité technique du Comité national de la Zone de libre-échange continentale africaine (CN-ZLECAf) s’est tenue le mardi 5 août 2025 à Abidjan, avec pour objectif principal la présentation du rapport d’activités à mi-parcours et le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord en Côte d’Ivoire.
Représentant le ministre du Commerce et de l’Industrie, le directeur général du Commerce extérieur, Kalilou Sylla a salué les efforts collectifs déployés pour la concrétisation de la ZLECAf dans le pays.
Il a mis en avant deux avancées majeures à savoir, l’élaboration d’un rapport consolidé regroupant les contributions des différentes structures, et l’adoption, en avril 2025, d’une ordonnance instaurant un démantèlement tarifaire progressif de 10% par an sur les produits non sensibles, sur une période de dix ans, afin de renforcer la compétitivité des produits ivoiriens et faciliter leur accès aux marchés continentaux.
Il a également souligné la mise en service, en mars à Noé, d’une Plateforme des exportations aux frontières terrestres, destinée à fluidifier les opérations douanières dans le cadre de la ZLECAf.
« Dans un contexte mondial incertain, marqué notamment par les tensions commerciales avec certains partenaires, cette dynamique d’intégration africaine constitue une véritable assurance pour la résilience de nos économies. Pour rappel, les perturbations récentes pourraient entraîner une perte de près de 30 % de nos exportations vers certains marchés traditionnels, avec un impact potentiel sur notre croissance, estimé à environ 0,5%. Dans ce contexte, la ZLECAf s’impose comme un levier crédible pour sécuriser notre agenda économique et commercial », a déclaré M. Sylla.
Il a insisté sur le fait que la ZLECAf ne sera efficace que si elle est comprise, maîtrisée et investie par les acteurs nationaux, appelant à la levée des obstacles non tarifaires, à l’accompagnement des jeunes entrepreneurs, à la formalisation des petites unités de production, ainsi qu’à une plus grande intégration des femmes dans les chaînes de valeur régionales.
De son côté, la secrétaire exécutive du CN-ZLECAf, Fatoumata Fofana Boundy, a souligné l’importance de l’implication de tous les membres. « Les véritables acteurs de la mise en œuvre, c’est vous, membres du Comité technique », a-t-elle rappelé.
Enfin, la Semaine ZLECAf, prévue en septembre, devrait mobiliser l’ensemble de l’écosystème national autour des enjeux de l’intégration économique africaine.
Les projections de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et de la Banque mondiale laissent entrevoir un avenir prometteur pour le commerce intra-africain, actuellement estimé entre 15% et 18% du commerce total du continent et qui pourrait croître de 52,3% d’ici 2035, grâce à la levée progressive des barrières tarifaires et non tarifaires. Les retombées attendues incluent la création d’emplois, l’accélération de l’industrialisation et la sortie de 30 à 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté.
(AIP)
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