Bondoukou, 2 sept 2025 (AIP) – La Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI) a initié, lundi 1er septembre 2025, à Bondoukou, un atelier de sensibilisation visant à rapprocher et renforcer le dialogue entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et des communautés frontalières, dans le cadre du projet « Soutien à l’atténuation des effets déstabilisateurs du crime organisé transnational » (M.TOC).
Cet atelier, qui a réuni 40 participants, dont des FDS des départements de Bondoukou et de Bouna, ainsi que 15 leaders communautaires des localités de Tagadi, Fadjidouho et Soko, s’inscrit dans la mission de la CNFCI de prévenir les crises frontalières, promouvoir la coopération transfrontalière et coordonner les actions de sécurisation des espaces frontaliers.
Selon le secrétaire général de la préfecture de Bondoukou, Mamadou Coulibaly, les populations doivent avoir confiance dans nos forces, et celles-ci doivent adopter des attitudes qui inspirent cette confiance.
« La collaboration doit être discrète et efficace pour garantir la sécurité de tous », a -t-il déclaré, en appelant à une vigilance accrue dans la transmission des informations sensibles.
Représentant le secrétaire exécutif de la CNFCI, Konaté Djakalia, le coordonnateur technique Coulibaly Abdramane a insisté sur l’urgence d’impliquer davantage les communautés. « Nous avons constaté une méfiance mutuelle entre les populations et les FDS. Cet atelier est l’occasion de créer un cadre de dialogue sincère pour rappeler que tous travaillent pour le même objectif, la stabilité et la sécurisation des espaces frontaliers », a-t-il dit.
Selon lui, les zones frontalières demeurent « des espaces fragiles, marqués par la pauvreté, le manque d’infrastructures et la prolifération d’activités illicites ». Il a précisé que la CNFCI a pour mandat de coordonner l’action de l’État aux frontières, d’anticiper les crises sécuritaires et de favoriser l’intégration régionale à travers des projets de coopération transfrontalière.
« Notre ambition est de pacifier les espaces frontaliers et d’empêcher que les communautés deviennent des proies faciles pour les entrepreneurs de la violence », a martelé M. Coulibaly.

Dans son intervention lors de cette rencontre, le chargé d’études de la CNFCI, Koffi Assadou, a rappelé que cet atelier trouve son importance dans l’histoire même des frontières africaines.
« Les frontières ont été tracées de façon géopolitique, sans tenir compte des dynamiques socioculturelles des États. Cela a conduit à des tensions et conflits qui interpellent aujourd’hui les pays africains », a-t-il révélé.
Il a ajouté que la Côte d’Ivoire, qui partage ses frontières avec le Liberia, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, doit composer avec « des problèmes de délimitation, des flux migratoires difficiles à contrôler, et un sentiment d’abandon des populations frontalières ».
La politique nationale de gestion intégrée des frontières, adoptée en juin 2024, s’articule autour de six axes, dont le développement d’infrastructures, le renforcement de la résilience des populations et la coopération sécuritaire et économique avec les pays voisins.
(AIP)
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