Abidjan, 30 sept 2025 (AIP)- L’UNICEF a lancé le dimanche 28 septembre 2025 à la place de l’Amazone de Cotonou (Bénin), l’initiative First Foods Africa, qui a pour ambition de combattre la malnutrition infantile en Afrique et à promouvoir des systèmes alimentaires résilients et durables sur le continent.
La directrice de la nutrition à l’UNICEF, Joan Matji, a souligné l’urgence de lutter contre la malnutrition infantile qui reste un défi majeur en Afrique. « La malnutrition infantile persiste en Afrique. Bien que les taux de retard de croissance aient diminué, la croissance démographique a fait augmenter le nombre d’enfants touchés. Aujourd’hui, presque 11 millions d’enfants supplémentaires par rapport à l’an 2000, souffrent de retard de croissance », a-t-elle affirmé.
Elle a présenté les résultats d’une étude commandée par l’UNICEF, qui met en lumière l’ampleur de la pauvreté alimentaire infantile.
Selon Joan Matji, sur 145 millions d’enfants vivant dans la pauvreté alimentaire, 59 millions souffrent d’une pauvreté alimentaire infantile sévère, ce qui signifie qu’ils consomment seulement deux groupes alimentaires ou moins. « L’initiative First Foods Africa s’inscrit donc dans une vision locale et durable pour résoudre ce problème, avec comme slogan + des aliments produits en Afrique, pour l’Afrique, par l’Afrique+ ».
Cette initiative repose sur trois piliers essentiels, à savoir, encourager la production locale, stimuler la consommation de premiers aliments nutritifs, et soutenir l’accès des enfants à une alimentation saine, sûre et abordable.
Le représentant de l’Union Africaine, Professeur Julio Rakotonirina, qui est intervenu en vidéoconférence, a salué le lancement de l’initiative, tout en soulignant l’importance de la nutrition infantile pour le développement et l’autonomisation socio-économique du continent. « Ce n’est pas un programme temporaire, mais une promesse faite aux enfants de l’Afrique. Nous affirmons aujourd’hui que bien se nourrir est un droit et que la malnutrition est un défi que nous pouvons et devons surmonter .»
Il a rappelé que l’initiative s’aligne avec les engagements de l’Union Africaine, notamment l’Agenda 2063 et la Déclaration de Malabo sur la nutrition. « Chaque dollar investi dans la nutrition infantile génère plusieurs fois plus en productivité, éducation et croissance économique. Nourrir nos enfants dès le premier jour est le meilleur investissement que l’Afrique puisse faire », a-t-il souligné.

Selon le ministre d’État béninois chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale, Abdoulaye Bio Tchané, le Bénin est engagé dans la lutte contre la malnutrition et la promotion de l’autosuffisance alimentaire. « La nutrition est une priorité absolue. Nous devons renforcer nos initiatives pour sauver des vies et construire des communautés résilientes. First Foods Africa est une révolution douce, mais irréversible, qui stimule le développement rural, autonomise les femmes et brise le cycle de la malnutrition » , a-t-il soutenu.
Il a également rappelé l’importance d’une collaboration renforcée entre les gouvernements africains, les investisseurs privés, les chercheurs, et les partenaires techniques pour atteindre les objectifs de l’initiative. « Nous devons tous nous unir, pour nourrir l’Afrique avec des solutions africaines. Ce n’est pas un projet circonstanciel, mais un engagement fondamental », a-t-il exhorté.
A travers l’initiative First Foods Africa, l’UNICEF, en collaboration avec l’Union Africaine, le gouvernement béninois et de nombreux partenaires internationaux, engage une transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique. L’objectif est de garantir un avenir où chaque enfant africain est bien nourri, prêt à grandir et à réaliser son plein potentiel. Grâce à ce partenariat multi-sectoriel, l’Afrique saisi l’opportunité de lutter efficacement contre la malnutrition infantile tout en renforçant ses capacités locales de production et de consommation.
(AIP)
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