Abidjan, 06 oct 2025 (AIP)-La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été vivement critiquée lundi 6 octobre 2025 au Parlement européen, où les députés ont débattu de deux motions de censure visant sa gestion du conflit à Gaza et les politiques commerciales de l’Union européenne, rapporte l’Agence de Presse turc Anadolu.
Déposées par le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe et le groupe de la Gauche, ces motions reflètent un mécontentement croissant à l’égard de son leadership, à quelques jours d’un vote de confiance crucial prévu le 9 octobre.
Depuis les rangs de l’extrême droite, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a accusé Von Der Leyen d’avoir « fait perdre son cap » à l’Union européenne. Il a dénoncé les accords commerciaux conclus avec les États-Unis et le Mercosur, les jugeant « préjudiciables aux agriculteurs et aux industries européennes ».
Selon lui, la Commission européenne a accru la bureaucratie sans défendre efficacement les intérêts du continent. « Ce vote n’est pas seulement contre l’Europe de Macron ou de Von Der Leyen, mais pour la survie des nations libres », a-t-il lancé.
De l’autre côté de l’hémicycle, la députée française Manon Aubry (La Gauche) a fustigé la position de la Commission sur la guerre à Gaza, accusant l’Union européenne de « complicité dans un génocide ». Elle a reproché à von der Leyen son soutien au « plan néocolonial » du président américain Donald Trump pour Gaza, ainsi que le maintien des relations commerciales avec Israël malgré le conflit.
« Votre lâcheté et votre inaction ont fait de l’UE un partenaire des crimes d’Israël », a-t-elle déclaré, critiquant également la poursuite de l’accord avec le Mercosur, qu’elle considère comme un danger pour l’environnement et l’agriculture européenne.
En réponse, Ursula Von Der Leyen a rejeté les accusations, affirmant que ces motions s’inscrivent dans une « campagne de désinformation visant à diviser l’Europe ».
Citant de récentes incursions de l’armée russe dans l’espace aérien de l’Est de l’Europe, elle a mis en garde contre les tentatives du président russe, Vladimir Poutine de semer la discorde sur le continent.
« Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Le message le plus fort que nous puissions envoyer est un message d’unité », a-t-elle insisté.
Elle a toutefois reconnu les préoccupations exprimées par les députés sur Gaza, l’Ukraine et le commerce international, promettant un dialogue « constructif » pour y répondre.
Von Der Leyen avait déjà survécu à une motion de censure en juillet dernier, avec 360 votes contre la résolution, 175 en faveur et 18 abstentions. Si l’une des deux motions débattues lundi venait à être adoptée, elle entraînerait la démission de l’ensemble de la Commission. Toutefois, au vu de l’équilibre actuel au Parlement européen, les chances d’un tel scénario restent faibles, selon plusieurs observateurs, noté-a-t-on.
(AIP)
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