Songon, 1er déc 2025 –Le Fonds de prévoyance des Eaux et forêts (FPEF) a transformé, samedi 29 novembre 2025, la nature en une salle de classe géante à Bingerville, à travers un camping ludique où des jeunes Ivoiriens ont appris à aimer la forêt en jouant avec elle.
Dans l’ancienne capitale coloniale devenue poumon vert de la région abidjanaise, une initiative originale vient bousculer les codes de l’éducation environnementale, loin des discours moralisateurs et des leçons magistrales, l’événement a misé sur une approche immersive. Dès leur arrivée, les participants ont retroussé leurs manches pour un geste fondateur, à savoir planter des arbres de leurs propres mains. Ce baptême de terre et de verdure a donné le ton d’une journée où la conscience écologique et l’insouciance juvénile se sont entremêlées naturellement.
L’idée n’est pas de culpabiliser les jeunes face à la crise environnementale, mais de leur faire découvrir la beauté et la fragilité de nos forêts, ont expliqué les organisateurs à travers ateliers créatifs, jeux en plein air et activités de découverte conçues pour éveiller les sens et la curiosité.
La présence de la cinquième adjointe au maire de Bingerville, Assoumou Cissé, aux côtés de représentants de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), du ministère du Tourisme et du ministère des Eaux et Forêts, témoigne d’une mobilisation institutionnelle rare. Représentant le directeur général de l’OIPR, le colonel Yéo Kassoum, et le directeur des Parcs de loisirs, Kéita Mamadou, ont salué cette “occasion unique pour les enfants de renouer avec leur environnement naturel”.
Plus remarquable encore, Jare Industries Côte d’Ivoire, G-Construction, Salam Allianz et l’Association nationale des épouses des agents des Eaux et Forêts (ANEFCI) ont uni leurs forces, pour montrer la convergence entre secteur public et acteurs privés, prouvant que la préservation forestière transcende les intérêts particuliers pour devenir un projet collectif.
Le choix de Bingerville n’est pas anodin. Cette commune historique, réputée pour son patrimoine arboré et sa proximité avec Abidjan, offre un cadre idéal pour sensibiliser une jeunesse urbaine souvent déconnectée des réalités forestières. En transformant temporairement ses espaces verts en terrain d’apprentissage ludique, la ville s’impose comme un laboratoire d’écocitoyenneté.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte national où la Côte d’Ivoire cherche à inverser la tendance alarmante de la déforestation. Former les citoyens de demain dès aujourd’hui, en leur permettant de toucher, sentir et comprendre la forêt plutôt que de simplement en entendre parler, pourrait bien être la clé d’un engagement durable.
Le défi du FPEF est de transformer un moment de sensibilisation en engagement durable. En misant sur l’émotion positive, le plaisir et l’expérience directe plutôt que sur la culpabilisation, l’institution fait le pari audacieux que l’amour de la nature naît d’abord de la rencontre avec elle.
Dans un pays où les forêts continuent de reculer face à l’agriculture et à l’urbanisation, cette nouvelle génération d’écocitoyens formés au contact de la terre pourrait bien devenir la meilleure alliée des arbres.
(AIP)
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