Par Jean Cyrille Ouattara// Coll: Benjamin Bassole
Abidjan, 29 déc 2025 (AIP) – De violents affrontements ont éclaté, dimanche 28 décembre 2025 aux abords de l’Agora de Koumassi à Abidjan, en marge de la retransmission publique du match Côte d’Ivoire-Cameroun comptant pour la deuxième journée dans le groupe F, de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025.
L’incident, lors de cette rencontre soldée par un match nul (1-1), trouve son origine dans la fermeture de l’enceinte par les forces de l’ordre, invoquant sa capacité maximale. Plusieurs dizaines de supporters, venus assister au match, se sont retrouvés bloqués à l’extérieur, contraints de suivre la rencontre sur un petit écran. L’impatience a rapidement gagné la foule.
« Ouvrez le portail, maintenant. La première mi-temps est presque finie », scandaient des supporters. Certains, comme Maïmouna, tentaient de se rassurer. « Ils ont fermé le portail, mais à la mi-temps, ils vont l’ouvrir pour qu’on puisse entrer. »
Lassés d’attendre, de jeunes protestataires ont lancé les hostilités en tirant des feux d’artifice, d’abord vers l’intérieur du site, puis vers la foule extérieure. La panique s’est installée.
« Au secours, ils vont nous blesser ! » criaient des personnes prises de peur, cherchant refuge derrière des véhicules ou fuyant vers les barrières de sécurité.
Pendant ce temps, d’autres manifestants frappaient avec violence le portail métallique, produisant un vacarme assourdissant. Des adolescents ont escaladé un lampadaire et la clôture pour tenter d’apercevoir l’écran géant à l’intérieur.
Christ Emmanuel, un soudeur présent sur les lieux, constatait avec résignation. « Cherchez-vous, c’est fini. Vous n’allez pas entrer. », lançait-il.
À la mi-temps, la colère a redoublé en l’absence d’ouverture. Les jets de pierres et les coups portés au portail se sont intensifiés. L’arrivée rapide d’un véhicule de police a dispersé les émeutiers et fait descendre ceux qui s’étaient perchés. Mais après le départ des forces de l’ordre, les hostilités ont repris, débouchant sur une première rixe d’une dizaine de minutes.
De jeunes contestataires comme Malick accusaient les autorités de mauvaise foi, affirmant qu’il y avait assez de place à l’intérieur.
La victoire ivoirienne et les cris de joie à l’intérieur n’ont pas calmé les esprits. À la fin du match, l’ouverture du portail a provoqué un second affrontement, cette fois entre les supporters sortants et ceux qui voulaient enfin entrer, causant une nouvelle débandade.
Ce n’est qu’après cet ultime excès de violences que la tension est retombée, laissant place vers 22 h 30 à une ambiance de fête à l’intérieur de l’Agora, en net contraste avec le chaos qui avait régné à ses portes.
Cet épisode met en lumière la tension entre les impératifs de sécurité et l’aspiration du public à participer à un événement festif, une frustration qui a rapidement dégénéré en violence.
(AIP)
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