Abidjan, le 11 ja 2026 (AIP) – Le vacarme assourdissant des vuvuzelas s’est mué en un murmure de désolation dans la commune de Yopougon, d’ordinaire épicentre de la joie ivoirienne, a vu de ses espoirs s’envoler au coup de sifflet final du quart de finale de la CAN 2025.
Face au réalisme des Pharaons d’Égypte (3-2), le “temple de l’ambiance” a fini la nuit dans le recueillement, samedi 10 janvier 2026.
Il est 20h00 à l’espace FICGAYO. La chaleur est moite, l’air est saturé de cris de ralliement et les maillots orange illuminent la nuit. Au Village CAN, on ne regarde pas seulement un match, on communie. Mais deux heures plus tard, le décor a radicalement changé. La défaite, cruelle et électrique, a douché l’incandescence populaire.
Dans les bars et cafés de la commune, bondés dès l’après-midi, la soirée avait pourtant commencé comme une épopée. Au café Crystal de Port-Bouët 2, chaque offensive ivoirienne était saluée par des bonds de joie. Puis est venu le temps de l’angoisse, et enfin, celui de la rupture.
« Je suis vraiment déçu… on y a cru jusqu’au bout et voilà, tout s’écroule ! », lâche Célestin Kouamé, le regard fixe, comme hébété par le score affiché sur l’écran géant. Comme lui, des milliers de supporters ont quitté les lieux la tête basse, laissant derrière eux des chaises renversées et un silence inhabituel pour un samedi soir à “Yop”.
Si la chute est rude, elle n’efface pas la vaillance des hommes d’Emerse Faé. Yannick Digbeu, supporter de la première heure, refuse de céder au découragement total. « On croyait à la victoire jusqu’au dernier moment. C’est un vrai coup dur, mais je reste fier de cette équipe qui a tout donné », lache-t-il.
Cependant, dans l’ombre de la défaite, les premières critiques surgissent déjà sous les hangars des maquis. Pour Rebecca Yao, l’émotion laisse place à l’analyse. Elle pointe du doigt des décisions tactiques du sélectionneur qui l’ont laissée « perplexe ». Selon elle, la gestion de la fin de match nécessite une remise en question profonde.
Au-delà de l’analyse sportive, c’est un vide émotionnel qui s’est installé dans la cité. Raissa Yéo résume le sentiment général. « On a vécu un beau match, mais la défaite laisse un vide… ». À Yopougon, les lumières se sont éteintes plus tôt que prévu, et le rêve d’une troisième étoile s’est dissipé dans la brume de la lagune Ébrié. Les Éléphants tombent, et avec eux, tout un quartier qui n’attendait qu’une étincelle pour s’embraser jusqu’à l’aube.
(AIP)
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