Bouaflé, 23 fév 2026 (AIP)- L’évêque du diocèse de Daloa, Mgr Marcellin Yao Kouadio, a mis en lumière la signification profonde du carême, à l’occasion de la consécration de la chapelle Sainte Thérèse de l’enfant Jésus d’Akakro (département de Bouaflé), samedi 21 février 2026.
« Le carême chrétien est un temps de pénitence et de conversion qui tourne autour de trois piliers : l’aumône, la prière et le jeûne », a rappelé Mgr Yao, aux fidèles. Dans un contexte où plusieurs traditions religieuses pratiquent également le jeûne, l’évêque a tenu à souligner ce qui fonde l’identité propre du carême chrétien.
Evoquant la religion juive et l’islam, il a expliqué que le jeûne ne constitue pas une spécificité exclusivement chrétienne. Héritière de l’Ancien Testament, la tradition juive connaît depuis longtemps cette pratique spirituelle. Chez les musulmans aussi, le jeûne occupe une place centrale dans la relation à Dieu. Même dans la tradition africaine, a-t-il souligné, en partageant un souvenir familial, des périodes de jeûne ont marqué l’histoire et les luttes du pays.
Pour l’évêque de Daloa, la différence réside moins dans la pratique elle-même que dans l’esprit qui l’anime. « Quand vous jeûnez, quand vous faites l’aumône, quand vous priez, Jésus nous dit dans quel esprit nous devons le faire », a-t-il insisté. Le carême chrétien est ainsi présenté comme un véritable combat spirituel contre le péché, l’injustice et le mensonge.
Au-delà des principes, Mgr Marcellin Yao Kouadio a invité chacun à prendre des résolutions concrètes. L’élève régulièrement en retard est appelé à cultiver la ponctualité. Le fonctionnaire tenté par l’absentéisme ou distrait par son téléphone doit retrouver le sens du devoir et de la responsabilité. « Chacun doit prendre des résolutions », a-t-il exhorté.
Le carême devient ainsi un temps de discipline personnelle et de transformation intérieure, qui engage toutes les dimensions de la vie quotidienne.
S’appuyant sur l’Evangile, l’évêque a également médité sur l’appel de Lévi, le collecteur d’impôts rejeté par ses contemporains. Malgré sa mauvaise réputation, Jésus l’appelle, et celui-ci répond immédiatement. Face aux critiques des scribes et des pharisiens, Jésus affirme : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
A travers cet épisode, Mgr Marcellin Yao Kouadio a rappelé que Jésus est le visage visible du Dieu miséricordieux. Il purifie les cœurs et ouvre à chacun un chemin de conversion, notamment par le sacrement de la pénitence.
« Mettons à profit ce temps pour nous réconcilier avec Dieu et avec nos frères et sœurs », a-t-il conclu, invitant les fidèles à vivre le carême comme une véritable marche vers la réconciliation et le renouveau spirituel.
La chapelle Sainte Thérèse de l’enfant Jésus a été offerte par Nanan Adjé Privat, chef du village d’Akakro, et les membres de sa famille. Elle relève de la paroisse Sainte Joséphine Bakhita de Bozi, dans le département de Bouaflé, au sein du diocèse de Daloa. La cérémonie de consécration a été marquée par des prières, des chants, des offrandes et la bénédiction du sanctuaire marial, traduisant la joie et la reconnaissance des fidèles.
(AIP)
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