Tengréla, 6 mars 2026 (AIP)- La radio Binkadi FM de Tengréla a réalisé mercredi 4 mars 2026, un magazine en vue de sensibiliser les populations aux comportements responsables à adopter sur les réseaux sociaux.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement de la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Ce projet est mise en œuvre en Côte d’Ivoire avec la participation de l’association résilience pour la paix.
La chargée du programme résilience pour la paix de la localité, Bouakéma Diomandé, a indiqué que cette production alliant micro-trottoir et interviews avait pour objectif d’encourager l’esprit critique et les bonnes pratiques de vérification de l’information avant son partage, afin de prévenir la propagation des fausses informations, de réduire les tensions communautaires et de promouvoir une paix durable.
Invité sur les antennes de Binkadi FM, le comparatiste spécialiste des altérités et des questions migratoires, Dr Komenan Dekanty Kouakou a tiré la sonnette d’alarme sur la propagation croissante des fausses informations sur les réseaux sociaux. Il a analysé les causes du phénomène et proposé des pistes concrètes pour préserver la paix et la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.
Selon lui, plusieurs facteurs favorisent la désinformation. D’abord, les règlements de comptes personnels, politiques ou communautaires. « Les réseaux sociaux deviennent parfois des espaces où l’on cherche à discréditer un adversaire ou à ternir l’image d’un groupe. La fausse information se transforme alors en arme de vengeance », a-t-il indiqué.
Il a souligné que sur des plateformes comme Facebook, WhatsApp ou Instagram, certains internautes publient sans mesurer les conséquences de leurs actes. L’anonymat relatif et la rapidité de diffusion encouragent l’irresponsabilité.
« Le désir d’être le premier à publier une information pousse souvent les internautes à négliger la vérification des sources. À cela s’ajoutent les appartenances politiques, ethniques ou religieuses, qui renforcent le biais de confirmation : on partage plus facilement ce qui conforte ses convictions, même sans preuve », a-t-il expliqué.
Face à ces dérives, Dr Komenan a préconisé une sensibilisation accrue des internautes. Il a insisté sur la nécessité de vulgariser la loi sur la cybercriminalité et de rappeler les sanctions encourues. « En Côte d’Ivoire, la Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) veille à l’application de la loi relative à la cybercriminalité et peut engager des poursuites contre les auteurs et diffuseurs de fausses nouvelles », a précisé M. Komenan.
Il a appelé à un sursaut collectif fondé sur l’esprit critique, la vigilance et la responsabilité individuelle. « La paix commence par un clic responsable », a-t-il affirmé, invitant chaque citoyen à protéger la dignité humaine et à préserver la paix et la cohésion sociale par un usage éthique ou responsable du numérique.
(AIP)
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