Abidjan, 11 mars 2026 (AIP)- Le Mouvement Femmes et Parole (MFP) a tenu une conférence, mercredi 11 mars 2026 au cabinet du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) sis à Abidjan Plateau, à travers le Programme national de lutte contre le Violences basées sur le genre (PNLVBG), afin de lever le voile sur la campagne contre les Mutilations génitales féminines (MGF) ayant pour action phare, « Le van d’excision », qui a provoqué une onde de choc et une indignation au sein de la population.
En effet, du 27 février au 3 mars, un van blanc et rouge marqué en lettres capitales « CENTRE MOBILE D’EXCISION » avec la caricature d’une jeune fille en train de subir l’excision a sillonné quelques communes d’Abidjan, à savoir Adjamé, Plateau, Cocody, Koumassi et Port-Bouët, y provoquant des attroupements massifs.
« Il s’agissait d’un dispositif de sensibilisation radical pour tester le pouls de la société ivoirienne. L’objectif était de confronter chaque citoyen à une vérité brutale. En effet, si l’idée d’un service d’excision public est jugée insoutenable, sa pratique clandestine, qui perdure dans l’ombre, doit l’être tout autant. Le MFP a forcé Abidjan à sortir de l’indifférence. Cette communication +choquante+ a eu de l’effet puisqu’il y a eu des appels à Police Secours, à la Gendarmerie, au PNLVBG, etc. », a expliqué la chargée de stratégie à l’Agence X, Fanta Koïta.
Cette agence a soutenu l’action en mettant son expertise au service de cette cause, permettant ainsi de transformer une idée militante en un choc de conscience collectif.
« Le bilan d’une nation qui dit NON à l’excision a permis de récolter des preuves sociales irréfutables. Les Ivoiriens ont manifesté une colère protectrice et un rejet total de la pratique, prouvant que la conscience nationale est aujourd’hui en totale rupture avec les MGF. Nos travailleurs sociaux ont fait des sensibilisations personnalisées sur ce phénomène, fait la promotion du numéro vert 1308, orienté les victimes, et ont aussi été invités a dénoncer les cas abusifs, ainsi que les bourreaux », a soutenu la directrice coordonnatrice du PNLVBG, Dr Honorée Ghislaine Kouamé.
Elle a salué l’implication d’autres ministères, tels que ceux en charge de la Santé, de la Justice, de la Sécurité pour la prise en charge holistique des victimes, et la condamnation des bourreaux. « Les MGF sont une violation grave des droits de l’homme, et une atteinte à la dignité. Le MFFE prend déjà en charge de façon holistique les séquelles des MGF, tels que les chirurgies de la fistule et l’insertion socio-économique des victimes. Protéger nos filles est une responsabilité sociétale », a ajouté Dr Kouamé.
Les activités de la campagne de sensibilisation dénommée « On ne coupe pas une fleur pour l’honorer », organisées dans la vague de la Journée mondiale de lutte contre les MGF célébrée chaque 6 février, ont eu un volet digital (réseaux sociaux avec plus d’un million de vues en moins de cinq jours), chaque personne choquée qui s’approchait du véhicule pour manifester son opposition était sensibilisée par les équipes sur le terrain (près de 333 personnes sensibilisées) qui lui remettaient également un prospectus de sensibilisation sur les lois existantes, le numéro vert, et les centres de prise en charge, etc.
« Par le biais de campagnes de sensibilisation, d’ateliers éducatifs et d’actions de plaidoyer communautaire, notre organisation s’attaque aux obstacles à l’éducation des filles, aux violences sexistes, à la santé menstruelle et les grossesses précoces. Face aux MGF qui demeurent une des violences les plus enracinées, nous ambitionnons de rompre le silence, redonner une voix aux survivantes et transformer la douleur en parole et en engagement. Cet engagement doit se transformer en changement durable », soutient la secrétaire générale du MFP, Raïssa Kouamé.
Le Mouvement Femmes et Paroles est dirigée par des jeunes qui œuvre pour la promotion de l’éducation et l’autonomisation des jeunes femmes en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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