Bouaké, 14 mars 2026 (AIP)- La place publique de Botro-village a accueilli, vendredi 13 mars 2026, les festivités marquant la 49e édition de la Journée internationale des droits de la femme (JIF) dans la région de Gbêkê, organisées par la direction régionale de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, en collaboration avec le Centre régional d’appui à la société civile-Zone Centre (CRASC-Centre).
Placée sous le thème national « Justice pour toutes : agir pour les femmes et les filles en Côte d’Ivoire », la cérémonie a débuté par un défilé des auditrices de l’Institut de formation et d’éducation féminine (IFEF) de Botro et des membres de plusieurs associations féminines venues de Bouaké, Diabo, Béoumi et Botro.
Le défilé s’est déroulé sur l’itinéraire reliant la mairie de Botro à la place publique de Botro-village, lieu de la cérémonie officielle, en présence des autorités administratives, des élus locaux, des responsables d’organisations de la société civile et des populations.
La célébration s’est poursuivie par une séance de sensibilisation sur l’accès des femmes au foncier rural animée par le responsable local de l’Agence foncière rurale (AFOR), Abel Kouassi Kouakou.
Au cours de son intervention, il a appelé à la non-discrimination des femmes dans l’attribution des terres et à leur implication dans la sécurisation foncière rurale.
« Nous avons constaté que lorsque nous parlons de terre, les femmes sont mises en marge. Les statistiques montrent qu’au niveau mondial seulement 20 % des femmes sont propriétaires de terres et en Côte d’Ivoire environ 12 %. C’est un taux faible. Nous devons pratiquer l’égalité et l’équité dans la gestion de la terre et donner les mêmes chances aux femmes dans la sécurisation foncière rurale », a-t-il indiqué.
Le directeur régional de la Femme, de la Famille et de l’Enfant de Gbêkê, Samassi Mory, a expliqué que cette célébration constitue un cadre de mobilisation en faveur de la promotion des droits des femmes et de leur participation aux processus politique et économique.
« La cérémonie de cette journée est le point de ralliement des efforts déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. La Côte d’Ivoire, à travers le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, s’est engagée à améliorer les conditions de vie des couches vulnérables, dont les femmes », a-t-il déclaré.
Il a rappelé plusieurs mesures adoptées par l’État en faveur des droits des femmes, notamment l’égalité dans le couple à travers les réformes de 2013 et 2019, la protection contre les violences basées sur le genre avec la mise en place d’ordonnances de protection et la prise en charge des survivantes, ainsi que la justice de proximité avec la création de cliniques juridiques.
Il a également évoqué les dispositions relatives à l’accès des femmes à la terre prévues par la loi sur le foncier rural de 1998 et renforcées par celle de 2019, ainsi que l’annonce de mécanismes financiers destinés à aider les femmes à faire face aux frais de procédure et d’assistance juridique.
S’adressant aux femmes de Botro, il les a invitées à renforcer leurs capacités à travers les formations proposées dans les centres IFEF.
« Les femmes sont présentes dans plusieurs secteurs d’activité, mais beaucoup reste à faire. Vous devez vous former pour atteindre vos objectifs. Les centres IFEF offrent des formations en alphabétisation, entrepreneuriat, couture, coiffure, pâtisserie et informatique », a-t-il expliqué.
La marraine de la cérémonie, la députée suppléante de Botro, Boni Emma, s’est dite honorée de la confiance placée en elle par les femmes de la localité.
« Être votre marraine aujourd’hui, ce n’est pas seulement porter ce pagne. C’est prendre l’engagement de marcher à vos côtés et de soutenir vos ambitions. Quand une femme progresse, c’est toute la nation qui progresse », a-t-elle déclaré.
Elle a exhorté les femmes à renforcer la solidarité, à privilégier le travail et à faire preuve de courage dans leurs initiatives économiques et sociales.
« Soutenons-nous entre femmes. Si l’une d’entre nous réussit, nous gagnons toutes. Le travail et la formation permettent de briser les barrières de la pauvreté et de la dépendance. Je vous invite à fréquenter les centres d’alphabétisation et de formation pour renforcer votre autonomie », a-t-elle conseillé.
Elle a également encouragé les femmes à entreprendre des activités génératrices de revenus et à briguer des postes de responsabilité dans les instances de décision.
La préfète du département de Botro, Odette Ella Gbanda, qui présidait la cérémonie, a relevé que la Journée internationale des droits de la femme constitue un moment de reconnaissance des luttes menées pour l’amélioration de la condition féminine.
« La femme revient de loin dans la société. Dans les sociétés anciennes, elle n’avait pas droit à la parole en public. Si aujourd’hui je me tiens devant vous pour m’exprimer, c’est parce qu’il y a eu des luttes. Le 8 mars est un moment pour célébrer les acquis obtenus par les femmes », a-t-elle affirmé.
Elle a salué la contribution des hommes dans la promotion des droits des femmes et a appelé à la cohésion au sein des couples.
« Lorsque l’on se marie, c’est parce que l’on s’aime. Le foyer ne doit pas devenir un lieu de violences. Il doit rester un cadre de compréhension et de respect mutuel », a-t-elle indiqué.
La préfète a également plaidé en faveur du respect du droit des femmes à accéder à la propriété foncière.
La cérémonie a enregistré l’organisation d’un panel sur le thème de la journée. Il a été animé par Tré Banto Mireille Bahi du Centre d’accueil et de transit des survivantes de violences basées sur le genre de Bouaké, Koné Samba du Centre solidarité action sociale (Centre-SAS) et Brou Fulgence du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).
Les panélistes ont dénoncé les violences basées sur le genre, notamment le viol, les agressions sexuelles, les mariages forcés ou précoces, les discriminations dans l’accès aux opportunités, aux services et aux ressources, ainsi que les violences psychologiques et émotionnelles.
Ils ont invité les populations à dénoncer ces pratiques et à promouvoir le respect des droits des femmes et des filles.
(AIP)
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