Abengourou, 18 mars 2026 (AIP) – Le président de la Coordination rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI), Ehora Yao Léonard, a alerté mardi sur la grave crise que traverse la filière cacao, marquée par des stocks invendus, des difficultés de commercialisation et la détresse des producteurs, après la fixation du prix bord champ de la petite campagne à 1 200 FCFA.
« Depuis novembre, nous rencontrons de sérieuses difficultés d’écoulement des stocks. Nos magasins sont pleins, et il devient impossible de continuer à acheter du cacao », a déclaré M. Ehora, en sa qualité également de président du Collectif des sociétés coopératives de l’Indénié-Djuablin (CSC-ID).
Selon le président du CSC-CI, plus de 11 000 tonnes de cacao sont actuellement stockées dans les magasins des coopératives de la région de l’Indénié-Djuablin.

Il a indiqué que malgré la mobilisation de 291 milliards de francs CFA par l’État pour le déstockage une grande partie de la production reste invendue, plongeant les coopératives dans l’incapacité de payer les producteurs. « Nous avons collecté du cacao en pensant le vendre à 2 800 FCFA, mais ce stock n’est pas écoulé. Nous ne pouvons ni payer les planteurs, ni acheter la nouvelle production », a-t-il déploré.
Cette situation affecte fortement les producteurs, dont les revenus dépendent uniquement de la cacaoculture. « Depuis plusieurs mois, la majorité n’a pas perçu d’argent. C’est un véritable cri de détresse », a-t-il insisté, évoquant même des pertes en vies humaines liées aux difficultés financières.
Il a relevé que les coopératives, déjà fragilisées, font face à un endettement croissant, lié aux prêts contractés pour soutenir les producteurs, notamment pour la scolarisation et l’achat d’intrants agricoles.
Face à cette crise, M. Ehora sollicite l’aide de l’Etat et appelle à des mesures urgentes, notamment le retrait rapide des stocks identifiés, afin de relancer la commercialisation et soulager les acteurs. « C’est un cri du cœur pour sauver la filière cacao », a-t-il conclu.
(AIP)
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