Bondoukou, 18 mars 2026 (AIP) – Le cadre Kamagaté Mory Trésor, initiateur du concept de Kroubi métallique, a mis en lumière l’importance de cette innovation qui remplace progressivement les échafaudages en bois, à l’occasion d’une tournée de terrain organisée mardi 17 mars 2026 sur les différents sites de célébration du Kroubi à Bondoukou.
Organisée du lundi 16 au mardi 17 mars 2026, cette rencontre culturelle a mobilisé fortement les populations, venues nombreuses vivre cette tradition emblématique dans une ambiance de ferveur et d’adhésion collective.
Danse traditionnelle fortement ancrée dans les pratiques culturelles du Nord-Est ivoirien, le Kroubi met en scène de jeunes filles âgées de cinq à 25 ans, richement parées, perchées sur des échafaudages d’environ trois mètres de hauteur. Munies de queues de cheval, elles exécutent des mouvements synchronisés au rythme de la musique, offrant un spectacle à forte portée esthétique et symbolique.
Intervenant au cours de la visite, Kamagaté Mory Trésor a salué cet engouement et rappelé que, pendant des décennies, le Kroubi se pratiquait sur des échafaudages en bois, hérités des arrière-grands-mères, avant l’introduction récente d’une alternative plus durable.
« Grâce à l’appui des cadres de Bondoukou, avec à leur tête, le ministre d’État, conseiller spéciale du président de la République, Kobenan Kouassi Adjoumani, les échafaudages en bois ont été remplacés par des structures métalliques. L’année dernière était une phase expérimentale, mais cette année marque la phase réelle, avec un objectif clair : zéro bois », a-t-il expliqué.
Selon M. Kamagaté, cette initiative s’inscrit pleinement dans la lutte contre la déforestation, tout en valorisant le patrimoine culturel local. « Ce projet permet de préserver l’environnement tout en sauvegardant notre tradition », a-t-il ajouté.
Dans la même dynamique, le président de l’ONG internationale La Semaine du Kroubi, El Hadj Ouattara Youssouf, organisateur du festival prévu en juin prochain, a mis en avant la portée historique et culturelle de cette célébration.
« Cette célébration traditionnelle existe depuis des siècles pour perpétuer la cohésion sociale. Aujourd’hui, elle prend des allures extraordinaires en associant toutes les couches sociales », a-t-il souligné, en présence du quatrième maire adjoint de la mairie de Bondoukou, Diabagaté Mamadou.
Il a également insisté sur la nécessité d’assurer la pérennisation de cette tradition. « Nous voulons inscrire durablement le Kroubi dans le temps. Le calendrier lunaire respecte la tradition, tandis que le festival s’inscrit dans le calendrier grégorien. Cela permet de concilier modernité et héritage culturel », a-t-il expliqué. Selon lui, l’ambition est de faire de Bondoukou une véritable destination culturelle.

De son côté, le préfet de la région du Gontougo, préfet du département de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André, a insisté sur la nécessité de préserver l’unité autour de cette tradition. Il a également souhaité que le Kroubi demeure un véritable facteur de paix et de cohésion sociale.
Cette tournée a permis de constater l’adhésion des populations à cette innovation, qui allie modernité, protection de l’environnement et valorisation des traditions locales.
(AIP)
nmfa/fmo

