Abidjan, 18 mars 2026 (AIP)- La Fédération sénégalaise de football (FSF), dans une lettre adressée au secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), la met en demeure de suspendre sa décision infligeant la perte du match par forfait au Sénégal, attribuant une victoire 3-0 au Maroc lors de la CAN 2025.
Dans un courrier officiel daté du 17 mars 2026, l’instance sénégalaise conteste fermement l’invalidation du résultat de la finale de la CAN 2025 au profit du Maroc, au détriment du Sénégal.
Face à cette situation, la FSF met officiellement en demeure la CAF de suspendre l’exécution de sa décision et de geler toute procédure visant à attribuer le trophée au Maroc. En parallèle, elle annonce son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport dans un délai de 48 heures afin d’obtenir l’annulation pure et simple de la décision.
La Fédération exige également la transmission immédiate de l’ensemble des rapports de l’arbitre et des officiels du match, qu’elle juge essentiels pour assurer sa défense. À défaut de réponse favorable dans un délai de 24 heures, elle promet d’engager une procédure d’urgence devant le TAS, assortie de mesures provisionnelles.
Au cœur du litige, la requalification par la CAF d’un incident de jeu en « abandon », entraînant un forfait du Sénégal et une victoire sur tapis vert (3-0) pour le Maroc. Une interprétation que la FSF juge « infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée ».
Dans son argumentaire, la Fédération sénégalaise s’appuie d’abord sur une violation présumée des Lois du Jeu établies par l’IFAB. Elle rappelle que l’arbitre de la rencontre, seul habilité à juger des faits sur le terrain, avait opté pour une suspension temporaire et non un arrêt définitif du match. Le jeu ayant repris et la rencontre étant allée à son terme, la FSF estime que la CAF ne peut revenir a posteriori sur une décision relevant de la souveraineté arbitrale, principe reconnu par la jurisprudence internationale.
L’instance sénégalaise dénonce également une erreur manifeste de qualification juridique. Selon elle, la notion d’« abandon » suppose une interruption définitive de la rencontre, ce qui n’a pas été le cas. Le retour des joueurs sur la pelouse, la reprise du jeu et la validation du résultat final par l’arbitre rendent, selon la FSF, l’application de l’article 84 du règlement de la CAF totalement inappropriée.
Autre point de contestation majeur : la disproportion de la sanction. La Fédération considère qu’un retrait de titre continental pour un arrêt de jeu d’environ quinze minutes constitue une mesure excessive, en contradiction avec les principes d’équité sportive et la jurisprudence du Tribunal arbitral du sport (TAS).
Cette affaire, aux implications sportives et juridiques majeures, pourrait durablement marquer l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, en soulevant des questions cruciales sur la gouvernance du football africain et le respect des décisions arbitrales.
(AIP)
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