Abidjan, 03 mai 2026 (AIP) – La liberté de la presse dans le monde connaît une dégradation sans précédent, avec plus de la moitié des pays classés en situation « difficile » ou « très grave », selon le rapport 2026 publié par Reporters sans frontières (RSF), jeudi 30 avril 2026.
Pour la première fois en 25 ans d’existence du classement, le score moyen global des pays évalués atteint son niveau le plus bas, traduisant une détérioration continue du droit à l’information à l’échelle mondiale.
Selon RSF, 52,2% des pays présentent désormais une situation préoccupante pour la presse, contre seulement 13,7 % en 2002. Par ailleurs, moins de 1 % de la population mondiale vit aujourd’hui dans un environnement où la liberté de la presse est jugée « bonne ».
L’organisation souligne que l’indicateur légal est celui qui enregistre la plus forte baisse en 2026, révélant une criminalisation croissante du journalisme. Cette tendance s’explique notamment par l’utilisation accrue de lois liées à la sécurité nationale pour restreindre l’accès à l’information, y compris dans des régimes démocratiques.
« Les attaques contre le droit à l’information se diversifient et se sophistiquent », a alerté la directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, appelant à la mise en place de mécanismes de protection plus efficaces en faveur des journalistes.
Le classement met également en lumière des évolutions contrastées selon les régions. Les États-Unis reculent de sept places pour se positionner au 64ᵉ rang, tandis que plusieurs pays d’Amérique latine, comme l’Équateur et le Pérou, enregistrent une forte dégradation, marquée par des violences contre les journalistes.
À l’inverse, la Norvège conserve la première place du classement pour la dixième année consécutive, alors que l’Érythrée demeure en dernière position.
Le rapport souligne par ailleurs l’impact des conflits armés sur la liberté de la presse dans plusieurs pays, notamment en Soudan, au Yémen et en Irak, où les journalistes sont exposés à des risques accrus.
En Afrique, la situation au Sahel reste préoccupante, avec notamment le Niger qui enregistre la plus forte baisse du classement en 2026.
RSF appelle les États et les acteurs internationaux à renforcer les garanties juridiques et les mécanismes de protection des journalistes, afin d’enrayer l’érosion du droit à l’information et de préserver le rôle essentiel de la presse dans les sociétés démocratiques.

