Abidjan, 08 mai 2026 (AIP)- La commissaire chargée du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des mines de l’Union africaine (UA), Francisca Tatchouop Belobe, a salué jeudi 7 mai 2026, à Dakar, la « résilience » et la « vitalité remarquable » des économies africaines, malgré un contexte international marqué par les conflits géopolitiques, les tensions économiques et les chocs climatiques, a rapporté l’Agence de presse sénégalaise (APS).
S’exprimant à l’ouverture d’une réunion du bureau de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), organisée au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la commissaire de l’Union africaine a estimé que le continent confirme progressivement son statut de « nouveau moteur de la prospérité mondiale ».
« Dans un contexte mondial en profonde transformation, l’Afrique fait preuve d’une vitalité remarquable. Malgré les turbulences extérieures, les perspectives 2026 de la Banque africaine de développement confirment notre élan », a déclaré Mme Belobe.
Selon elle, douze des vingt économies affichant les plus fortes croissances au monde sont africaines, tandis que vingt-deux pays du continent ont enregistré une croissance supérieure à 5 % en 2025.
Face à ce qu’elle qualifie de « polycrise » mondiale alimentée notamment par les guerres et les effets du changement climatique, la commissaire de l’UA considère que l’Afrique peut transformer les contraintes actuelles en opportunités de renforcement économique et financier.
« Cette polycrise met certes à l’épreuve les mandats traditionnels des banques centrales, mais elle agit surtout comme un catalyseur d’une intégration monétaire plus profonde et d’une résilience financière accrue », a-t-elle souligné.
Francisca Tatchouop Belobe a insisté sur l’évolution du rôle des banques centrales africaines, qu’elle décrit désormais comme « des architectes actifs de la souveraineté économique » du continent, au-delà de leur mission classique de lutte contre l’inflation.
Elle a également félicité les gouverneurs des banques centrales africaines pour les avancées réalisées dans la communication monétaire, la préservation de la croissance économique et la diversification des sources de financement.
La commissaire a, par ailleurs, mis en avant le rôle stratégique du futur Institut monétaire africain (IMA), dont l’installation est prévue au Nigeria au plus tard en septembre prochain. Selon elle, cette institution constituera un outil essentiel d’harmonisation des politiques monétaires africaines et de renforcement de la capacité du continent à faire face aux chocs extérieurs.
« L’IMA représente une étape indispensable vers la future Banque centrale africaine », a-t-elle rappelé, précisant que les statuts de cette future institution monétaire continentale ont été adoptés lors du 39e sommet de l’Union africaine en février dernier.
Mme Belobe a enfin salué « le leadership » du Nigeria dans la mise en place de l’IMA et réaffirmé l’engagement de la Commission de l’Union africaine à travailler étroitement avec les banques centrales africaines afin de bâtir « un système financier africain intègre, résilient et prospère ».
(AIP)
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