Abidjan, 08 mai 2026 (AIP)- Le président de l’Association des banques centrales africaines (ABCA) et gouverneur de Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a plaidé jeudi à Dakar pour une accélération du processus d’intégration monétaire du continent africain, annonçant l’installation de l’Institut monétaire africain (IMA) au plus tard en septembre prochain.
S’exprimant lors d’une réunion des gouverneurs des banques centrales africaines organisée au siège de Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), M. Bangui a présenté cette future institution comme une étape « décisive » vers la création d’une monnaie unique africaine.
« Par la collaboration, la synergie et la détermination de tous, nous parviendrons à atteindre nos objectifs », a déclaré le président de l’ABCA, saluant les progrès déjà enregistrés dans le chantier de l’intégration monétaire et financière du continent.
Selon lui, la réunion de Dakar se tient dans un contexte international marqué par la persistance des tensions géopolitiques, commerciales et sécuritaires, ainsi que par une vulnérabilité accrue des économies africaines face aux chocs extérieurs.
Malgré cet environnement complexe, l’ABCA doit continuer à jouer son rôle de cadre privilégié de dialogue, d’apprentissage et de solidarité entre banques centrales africaines, a-t-il estimé. Il a également mis en avant les efforts de l’institution en faveur de la stabilité monétaire, de l’inclusion financière et de la digitalisation des systèmes financiers africains.
L’IMA, dont les statuts ont été adoptés lors du 39e sommet de Union africaine en février dernier à Addis-Abeba, constitue l’une des principales structures prévues dans le cadre de l’architecture financière panafricaine.
Le siège de cette institution sera établi au Nigeria. Yvon Sana Bangui a salué à cet effet « le rôle déterminant » des autorités nigérianes et de la banque centrale du Nigeria dans l’accompagnement logistique du démarrage de l’IMA.
Organe transitoire, l’Institut monétaire africain aura pour mission de préparer la mise en place de la future banque centrale africaine et de jeter les bases techniques et réglementaires d’une union monétaire continentale.
Le président de l’ABCA a enfin exhorté les banques centrales africaines à s’impliquer davantage dans ce processus et à soumettre « des recommandations concrètes et pertinentes » conformes aux orientations définies par l’Union africaine.
Créée dans le prolongement des résolutions adoptées par les chefs d’État de l’Organisation de l’unité africaine en 1963, à Addis-Abeba, l’ABCA réunit actuellement 41 banques centrales du continent.
Elle est chargée du renforcement de la coopération monétaire et financière des États africains.
L’Association des banques centrales africaines travaille à l’avènement d’une monnaie unique continentale et d’une banque centrale panafricaine.
(AIP)
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