Abidjan, 12 mai 2026 (AIP) – Un atelier régional sur les mécanismes nationaux de prévention de la torture (MNP) s’est ouvert mardi 12 mai 2026 à Abidjan, en présence du directeur de cabinet du Garde des Sceaux, Bernard Kouassi, avec pour objectif d’accélérer l’opérationnalisation de l’Observatoire national de la détention, dont le projet de loi a été adopté par l’Assemblée nationale le 14 avril.
« L’interdiction de la torture est un droit fondamental inaliénable et absolu », a rappelé M. Kouassi, représentant le ministre de la Justice. Il a salué la ratification par la Côte d’Ivoire, le 1er mars 2023, du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture (OPCAT), qui oblige chaque État partie à créer un MNP dans un délai d’un an.
Après des travaux préparatoires menés en mai 2023 à Grand-Bassam, le gouvernement a choisi un mécanisme autonome, « l’Observatoire national de la détention », pour éviter les conflits de compétences observés dans certains pays.
Le texte, adopté par les députés le 14 avril 2026, attend désormais son examen au Sénat. « Le processus d’adoption de ce projet de loi par le Parlement suivra son cours », a assuré le directeur de cabinet, tout en appelant à anticiper les mesures nécessaires à une entrée en vigueur rapide.
Président de la LIDHO, Neth Willy Alexandre a souligné l’importance de ces trois jours d’échanges (12-14 mai 2026) qui réunissent des représentants du Sénégal, de la Mauritanie, de la Tunisie, ainsi que des organisations comme la FIACA et l’OMCT.
« Cet atelier doit être un cadre de dialogue constructif pour garantir une prévention efficace de la torture et une meilleure protection des personnes privées de liberté », a-t-il déclaré.
Les participants planchent sur les bonnes pratiques en matière d’établissement et de fonctionnement des MNP, avec l’ambition de fournir des recommandations utiles à l’opérationnalisation de l’Observatoire ivoirien et, le cas échéant, à la réforme des cadres nationaux d’autres pays de la sous-région.
En vue de jouer pleinement leur partition dans l’appropriation et la vulgarisation de ce mécanisme, quatre organisations de la société civile, à savoir le Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits Humains (RAIDH), la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), le Mouvement Ivoirien des Droits Humains ( MIDH) et l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) ont initié cet atelier régional de haut niveau afin de renforcer les capacités, partager les expériences et promouvoir les bonnes pratiques en matière de Mécanisme National de Prévention de la torture, note-t-on.
(AIP)
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