Bondoukou, 14 mai 2026 (AIP) – Les actions conjointes de sensibilisation, de répression et de coordination engagées par les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires ont permis de réduire considérablement les activités liées au réseau QNET dans la région du Gontougo, a annoncé, mercredi 13 mai 2026, le directeur régional de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté du Gontougo, Fofana Adama Sebe.
« Aujourd’hui, avec les actions menées par les différents acteurs, l’appui du gouvernement en matière de sensibilisation et la répression assurée par les forces de sécurité, ces activités ont fortement diminué dans la région », a déclaré M. Sebe dans un entretien accordé à l’AIP.
Également secrétaire technique de la Commission régionale de lutte contre la traite des personnes, il a toutefois précisé que le phénomène persiste encore sous une forme clandestine, malgré les résultats enregistrés.
Selon lui, les opérations récemment conduites ont permis de recueillir 32 personnes, dont 28 considérées comme des victimes présumées d’exploitation économique liée à QNET. Quatre autres personnes font actuellement l’objet de procédures judiciaires ouvertes contre les réseaux impliqués.
Le responsable régional a expliqué que cette intervention fait suite à une correspondance reçue le 3 mai 2026 du Comité national de lutte contre la traite des personnes, saisi par l’ambassade du Ghana en Côte d’Ivoire au sujet de ressortissants ghanéens présumés retenus dans des habitations du Gontougo dans le cadre d’activités illicites liées à QNET.
Le 4 mai, une mission diplomatique ghanéenne conduite par le vice-consul David Yankey a été reçue dans la région afin d’évaluer la situation et d’engager les premières actions avec les autorités locales.
Les démarches ont ensuite associé la brigade des mineurs, mandatée par le procureur de la République près le tribunal de première instance du Gontougo, Pehe Rodrigue, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les autorités administratives locales, notamment le préfet de région et les préfets des départements concernés.
Une feuille de route a été mise en place pour coordonner les opérations de terrain et la prise en charge des victimes.
M. Sebe a rappelé qu’en 2025 déjà, plusieurs opérations avaient été menées contre des réseaux d’exploitation sexuelle et économique dans la région, entraînant notamment la fermeture de plusieurs sites clandestins liés à QNET.
Certaines victimes, dont des mineures, avaient alors été hébergées au centre de transit de la CIBES avant d’être rapatriées dans leurs pays d’origine avec l’appui du Comité national de lutte contre la traite des personnes et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le directeur régional a salué l’implication des autorités administratives, judiciaires et sécuritaires dans la lutte contre ce phénomène, tout en appelant les populations à davantage de vigilance et de collaboration.
« Les populations doivent nous aider en signalant toute activité suspecte, car ce phénomène disloque les familles et plonge de nombreux jeunes dans des situations difficiles », a-t-il insisté.
Selon lui, l’adhésion des jeunes aux réseaux QNET est principalement favorisée par la recherche du gain facile, l’influence des réseaux sociaux et les promesses de réussite rapide diffusées par les recruteurs. Le coût d’intégration dans ces réseaux varie entre 200 000 et 600 000 FCFA.
« Ce qui nous motive à poursuivre ce combat, c’est la détresse des victimes que nous avons sorties de ces réseaux, mais aussi la satisfaction des familles venues récupérer leurs enfants », a conclu M. Sebe.
(AIP)
nmfa/fmo

