Bouaké, 17 mai 2026 (AIP)- La délégation générale de la Coordination nationale des enseignants du supérieur et des chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC) de Bouaké (CNEC-Bouaké) a organisé, samedi 16 mai 2026, au foyer Jeune Viateur de Bouaké, un séminaire de formation à l’intention des 32 membres de son bureau, en vue de renforcer leur culture syndicale et leurs capacités organisationnelles.
Cette session de formation, organisée dans le cadre des activités annuelles de la délégation générale, était articulée autour du thème : « Leadership, gestion organisationnelle et cadre juridique de l’activité syndicale dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire ».
À l’ouverture des travaux, le délégué général de la CNEC-Bouaké, Mamadou Bamba, a indiqué que cette initiative vise à permettre aux responsables syndicaux de mieux comprendre leur rôle dans le fonctionnement des institutions universitaires et de recherche. « Il faut comprendre que le syndicat n’est pas l’adversaire du patronat ou encore de l’institution à laquelle il est associé. Le syndicat est un partenaire social. De ce fait, nous devons apporter notre contribution à la bonne marche de l’institution à laquelle nous appartenons, en faisant des propositions, en étant des acteurs d’éveil de conscience et de dénonciation », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’objectif de cette formation est de permettre à la CNEC-Bouaké de se positionner comme une force de proposition et un partenaire des institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Les travaux avaient pour objectif de renforcer les capacités syndicales des enseignants-chercheurs et chercheurs membres de la délégation générale sur les questions de leadership, de gestion des organisations syndicales et du dispositif juridique encadrant les activités syndicales dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.
Il s’agissait également d’identifier les formes de leadership syndical dans l’enseignement supérieur, de faire connaître aux participants les normes juridiques encadrant l’activité syndicale et de présenter les mécanismes de gestion efficace des organisations syndicales afin de redynamiser la délégation générale de la CNEC-Bouaké.
Le thème central du séminaire a été décliné en deux modules de formation animés par des experts.
Le premier module, intitulé « Leadership et gestion d’une organisation syndicale : le cas de la CNEC », a été développé par le Pr Amara Coulibaly, conseiller à la CNEC-Bouaké. Le formateur a mis l’accent sur le rôle des leaders syndicaux dans la défense des intérêts de la corporation et dans le fonctionnement du syndicat. Selon lui, le fondement du syndicat et de l’action syndicale repose sur des leaders capables de porter les préoccupations de la base afin d’impacter le syndicat et la corporation concernés.

Le second module, portant sur « Le cadre juridique régissant l’activité syndicale dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire », a été animé par le Dr Dogodana Coulibaly, conseiller juridique. Il a expliqué le processus légal qu’un syndicat doit suivre avant d’engager un mouvement de grève. L’intervenant a insisté sur le respect des dispositions légales afin que les actions syndicales demeurent conformes à la loi et constructives. Il a indiqué qu’un syndicat qui mène des activités dans l’illégalité s’expose à des conséquences.
Présent à cette rencontre, le secrétaire général national de la CNEC, le Pr Kazon Aubin-Sylvère, a salué l’organisation de cette session de formation destinée, selon lui, à doter les membres de la délégation générale de Bouaké d’outils et de connaissances nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités syndicales.
Il a relevé que cette formation intervient dans un contexte marqué par les revendications relatives à l’octroi d’un statut particulier aux enseignants du supérieur et aux chercheurs de Côte d’Ivoire. « Il s’agit d’une mise à niveau des compétences et des connaissances syndicales des responsables locaux. Cette formation constitue une opportunité pour eux afin d’être aptes à aborder les enjeux liés aux luttes syndicales », a-t-il affirmé.
Le Pr Kazon a également souligné l’importance de la formation dans l’action syndicale. « Un militant ou un responsable syndical qui n’est pas bien formé constitue un danger pour lui-même et pour la communauté à laquelle il appartient », a-t-il déclaré.
Invité spécial de la rencontre, le président de la Confédération syndicale Plateforme nationale, centrale syndicale à laquelle la CNEC est affiliée, Théodore Zadi Gnagna, a apporté son soutien à la section locale de Bouaké et à son délégué général, Mamadou Bamba.
Face à la presse, il a présenté la formation syndicale comme un outil de transformation sociale et personnelle. « Le mouvement syndical n’est pas seulement revendicatif. C’est une école de transformation sociale et personnelle. Lorsqu’on sait vivre le mouvement syndical, on peut apprendre beaucoup et implémenter ces acquis autour de soi », a-t-il indiqué.
Il a insisté sur la nécessité, pour les membres du mouvement syndical ivoirien, de se former afin de maîtriser les outils et les mécanismes nécessaires à la conduite des actions syndicales.
Selon lui, le syndicalisme constitue un métier qui exige des connaissances et des compétences spécifiques.
Le président de la Plateforme nationale a également évoqué plusieurs préoccupations sociales concernant les fonctionnaires ivoiriens, notamment la question des primes, de l’indice référentiel de base fixé à 233,45 FCFA depuis 1960 et de la grille indiciaire. Il a annoncé que ces différentes questions seront abordées lors des discussions liées à la prochaine trêve sociale.
(AIP)
rkk

