Abengourou, 21 mai 2026 (AIP) – Le président du Syndicat national agricole vision nouvelle de Côte d’Ivoire (SYNAVI-CI), Sanou Moussa, a appelé mercredi 20 mai 2026 à Aniassué, les producteurs de café-cacao au calme, tout en les rassurant sur le paiement effectif du kilogramme de cacao à 2 800 FCFA, conformément au prix fixé par le gouvernement.
Cette rencontre a réuni plusieurs délégations de planteurs venus d’Abengourou, d’Agnibilékrou, Niablé d’Arrah, de Tankessé, de de Koun-Fao Bongouanou ainsi que du Gontougo.
M. Sanou a annoncé la mise en place, dès la semaine prochaine, d’une équipe de suivi chargée de recenser les producteurs concernés et d’accompagner le processus de paiement effectif des 2 800 FCFA aux planteurs ayant livré leur cacao dans les délais requis.
S’adressant aux producteurs, il a rappelé que l’État ivoirien a débloqué 291 milliards de FCFA pour permettre l’enlèvement de près de 100 000 tonnes de cacao stockées dans les magasins des coopératives, afin de garantir le paiement des producteurs au prix bord champ de 2 800 FCFA le kilogramme.
Le responsable syndical a toutefois dénoncé des « dysfonctionnements » dans la gestion des quotas attribués à l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), notamment le collège des producteurs accusé d’avoir procédé à des répartitions opaques et inéquitables. Selon lui, l’OIA a bénéficié d’un premier quota de 40 000 tonnes sans qu’aucune information claire ne soit donnée sur les coopératives bénéficiaires.
« Les producteurs ont le droit de savoir qui a bénéficié de ces quotas et selon quels critères », a-t-il déclaré, estimant que cette opération s’est faite au détriment des petites coopératives.
Sanou Moussa a également indiqué que le Conseil du café-cacao a attribué un second quota de 23 830 tonnes à l’OIA, qui a exclu plusieurs coopératives de la liste des bénéficiaires au motif qu’elles ne disposaient pas d’un stock minimum de 40 tonnes de cacao. Selon le président du SYNAVI-CI, cette mesure a entraîné l’exclusion de 614 coopératives des opérations d’enlèvement, laissant encore près de 1 000 tonnes de cacao stockées dans les magasins.
Le SYNAVI-CI juge cette décision « injuste et arbitraire » et affirme avoir interpellé les autorités compétentes afin que toutes les coopératives concernées puissent bénéficier des opérations d’enlèvement. Face aux tensions observées dans certaines localités, notamment à M’Batto où des manifestations de producteurs ont été enregistrées, Sanou Moussa a appelé les planteurs à privilégier le calme et la voie du dialogue.
Il a assuré que des discussions ont été engagées avec les responsables du Conseil café-cacao, notamment à Abidjan et à Abengourou, afin de trouver des solutions rapides au paiement des producteurs disposant de reçus établis sur la base des 2 800 FCFA. Selon lui, plus de 1 000 planteurs de la sous-préfecture d’Aniassué attendent encore le règlement de leurs livraisons.
Le président du SYNAVI-CI a, par ailleurs, réaffirmé sa demande de dissolution de l’OIA, notamment du collège des producteurs en son sein, soutenant que de nombreux planteurs ne se reconnaissent plus dans cette organisation qu’ils jugent éloignée de leurs préoccupations.
(AIP)
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