Bouaké, 31 mai 2026 (AIP)- La Fondation Elafisou, en partenariat avec People Planet and Peace Foundation (PPPF) du Nigéria, organisera du 04 au 07 juin 2026 une série d’activités communautaires consacrées à la préservation et au reboisement des forêts sacrées de Gbadahou et de Gomo, deux localités de la sous-préfecture de Djébonoua.
Ces activités s’inscrivent dans le cadre d’une caravane transfrontalière de préservation des forêts sacrées, qui a débuté le 18 mai 2026 à Abuja au Nigéria, et qui traversera 21 pays africains dont la Côte d’Ivoire.
L’information a été donnée samedi 30 mai 2026 par le président du conseil d’administration de la Fondation Elafisou, Mathieu Yao, au cours d’une conférence de presse.
Selon lui, cette initiative vise à contribuer à la préservation des ressources forestières et à la valorisation des patrimoines culturels liés aux forêts sacrées.
« Nous avons constaté la dégradation de nos forêts qui sont passées de 16 millions d’hectares dans les années 1960 à moins de trois millions aujourd’hui. Les forêts sacrées sont également affectées par cette dégradation causée par les activités humaines, notamment les feux de brousse et certaines pratiques agricoles », a expliqué M. Yao.
Il a indiqué que cette activité s’aligne sur les orientations du Plan national de développement 2026-2030 ainsi que sur les Objectifs de développement durable (ODD), notamment, l’ODD 13 relatif à la lutte contre les changements climatiques et l’ODD 15 consacré à la préservation de la vie terrestre.
Le programme des quatre jours prévoit, le jeudi 04 juin, une opération de planting d’arbres dans la forêt sacrée de Gbadahou. Entre 500 et 1 000 plants seront mis en terre sur une superficie d’environ un hectare.
La deuxième journée, prévue le 05 juin, sera consacrée à un forum communautaire participatif réunissant les populations locales, les responsables communautaires et les partenaires du projet. Les échanges porteront sur les menaces qui pèsent sur les forêts sacrées, notamment la déforestation, les feux de brousse et l’exploitation non contrôlée des ressources naturelles.
Les participants devront également élaborer un plan local de suivi des plantations et définir des mécanismes communautaires de gestion et de protection des espaces reboisés.
Le troisième jour sera marqué par un atelier de renforcement des capacités destiné à une cinquantaine de jeunes agriculteurs de Djébonoua. Les formations porteront sur l’agroforesterie, les pratiques agricoles durables et l’agriculture intelligente face au climat.
Selon les organisateurs, cet atelier vise à sensibiliser les jeunes producteurs aux techniques agricoles compatibles avec la préservation de l’environnement et à réduire les effets des activités agricoles sur les espaces forestiers.
Les travaux se poursuivront le quatrième jour avec des échanges sur la valorisation culturelle des forêts sacrées. Une visite guidée de la forêt sacrée de Gomo mettra fin aux activités.
Mathieu Yao a expliqué que cette visite permettra de transmettre aux jeunes générations les valeurs culturelles et traditionnelles liées aux forêts sacrées.
« Il faut que les jeunes sachent comment ces forêts ont été préservées jusqu’à aujourd’hui et quelles sont les valeurs transmises par les ancêtres. Les forêts sacrées représentent aussi un patrimoine culturel qu’il faut protéger », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que ces espaces constituent également des réserves forestières ayant un rôle dans la préservation de l’environnement et la régulation du climat.
Le président du conseil d’administration de la Fondation Elafisou a appelé les communautés de Gbadahou et de Gomo à participer aux différentes activités prévues pendant les quatre jours.
« Nous attendons une forte mobilisation des populations, parce que ce projet concerne leur environnement et leurs conditions de vie. La préservation des forêts peut contribuer à l’amélioration de la pluviométrie et des rendements agricoles », a-t-il indiqué.
Mathieu Yao a également sollicité l’appui institutionnel du ministère des Eaux et Forêts afin de permettre l’extension du projet à d’autres régions du pays.
« Nous voulons bénéficier de l’appui institutionnel du ministère des Eaux et Forêts pour passer de cette phase pilote à une autre étape et étendre cette initiative dans les régions où le besoin se fera sentir », a-t-il lancé.
(AIP)
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