Abidjan, 14 sept 2025 (AIP) – Les populations des villages de Brodjé, Dagbégo, Davida et Niani, dans la sous-préfecture de Sassandra, ont plaidé jeudi 11 septembre 2025, à Abidjan, pour bénéficier d’une rétribution financière en contrepartie de leurs efforts de préservation de la mangrove, lors d’une conférence de presse au siège de l’Observatoire ivoirien pour la gestion durable des ressources Naturelles (OI-REN).
Lesdits villages sont bénéficiaires directs du projet « Renforcement de la participation citoyenne des communautés locales dans la réhabilitation, la conservation et l’extension des puits carbone de mangrove pour la mise en œuvre des contributions déterminées nationales dans le financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la région du Gbêkê », financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique en partenariat avec Expertise France (groupe AFD).
Ces communautés rurales ont indiqué avoir déjà consenti d’importants sacrifices pour la conservation de la mangrove à travers des actions de reboisement et de gestion participative. Le projet a permis notamment la mise en place d’un cadre formel de gestion durable, avec un comité sous-préfectoral et quatre comités villageois, ainsi que le reboisement de 30 000 palétuviers sur six hectares de terres dégradées, représentant un potentiel de séquestration de 13 314 tonnes de CO2.
Pour le porte-parole des quatre villages, Nado Narcisse, ces efforts ne doivent pas rester sans contrepartie.
« Nos communautés rurales se battent pour conserver la mangrove, créer et protéger des puits de carbone qui contribuent aux engagements climatiques de la Côte d’Ivoire. Il est donc juste que, lorsque l’État mobilise des fonds internationaux dans le cadre de l’Accord de Paris et de la CDN, une part soit reversée directement aux communautés qui mènent ces actions concrètes », a-t-il déclaré.
Dans leur plaidoyer, les villages de Sassandra demandent au gouvernement de faciliter leur accès au mécanisme de paiement des services environnementaux et à la finance climat. Ils estiment que cette rétribution est non seulement une reconnaissance de leurs efforts mais aussi une condition essentielle pour maintenir la mobilisation des communautés rurales dans la lutte contre le changement climatique.
Les représentants des quatre villages ont annoncé qu’une note de plaidoyer sera prochainement transmise au ministre de l’Environnement afin de traduire cette revendication en termes officiels et d’obtenir un engagement concret de l’État pour le partage équitable des bénéfices issus des financements climat.
(AIP)
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