Tengréla, 12 mars 2026 (AIP)- Des transporteurs et conducteurs d’engins à deux et trois roues ont pris part, mercredi 11 mars 2026, à la salle de réunion de la sous-préfecture de Papara, à un atelier de formation consacré à la prévention de l’extrémisme violent et de la radicalisation.
Cette initiative est mise en œuvre par le Réseau des citoyens pour la paix de Tengréla (RCP) dans le cadre du projet SECORCI 2, financé par l’Union européenne et exécuté par l’ONG Coginta. Elle vise à renforcer les capacités des acteurs locaux afin de prévenir les risques sécuritaires dans les zones frontalières du nord de la Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement du dialogue communautaire et des mécanismes d’alerte précoce dans le département.
Pour le chef du projet de l’ONG RCP, Diallo Ousmane, les transporteurs et conducteurs d’engins jouent un rôle stratégique dans la circulation des personnes et des informations entre les communautés. « La position des transporteurs au cœur des mobilités locales les place en première ligne pour observer certains comportements inhabituels ou des situations pouvant constituer des signaux d’alerte. Il fallait donc les sensibiliser », a-t-il déclaré.
M. Diallo a ajouté que la formation avait pour objectif de renforcer les connaissances des participants sur les notions d’extrémisme violent et de radicalisation, mais également de leur permettre d’identifier les signes précurseurs et les comportements suspects susceptibles de menacer la sécurité des communautés.
Animée par le commandant du peloton de la gendarmerie de la localité, Tuo Sylvestre, la session a permis d’éclairer les participants sur les contours et les aspects du phénomène. Selon lui, l’extrémisme violent désigne des idéologies, des croyances ou des mouvements qui utilisent ou encouragent la violence pour imposer des idées politiques, religieuses ou sociales.
M. Tuo a expliqué que ce phénomène se caractérise par l’usage de la violence, la promotion d’idéologies radicales et le rejet du dialogue démocratique. Le phénomène peut se manifester sous plusieurs formes, notamment l’extrémisme religieux, politique ou identitaire.
Il a également présenté les principales causes de l’extrémisme violent, parmi lesquelles la pauvreté et la marginalisation, les injustices sociales ou politiques, la propagande et la manipulation idéologique, ainsi que le manque d’opportunités ou d’éducation, en particulier chez les jeunes.
Le commandant du peloton de la gendarmerie a, par ailleurs, insisté sur les conséquences de ce phénomène, qui incluent des pertes en vies humaines, la destruction d’infrastructures, l’insécurité et l’instabilité politique, ainsi que la division sociale et la peur au sein des populations.
Pour prévenir ces risques, il a recommandé plusieurs stratégies, notamment l’éducation et la sensibilisation, la promotion du dialogue et de la tolérance, l’inclusion sociale et économique des jeunes, ainsi que la coopération entre les États et les organisations internationales.
Au terme de l’atelier, les participants ont pris l’engagement de promouvoir la vigilance communautaire et de signaler toute situation suspecte aux autorités compétentes afin de contribuer à la consolidation de la cohésion sociale et à la stabilité dans la localité de Papara.
(AIP)
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