Abidjan, 18 mars 2026 (AIP) – Un atelier sur le thème « Synergie entre agriculture et exploitation forestière durables » s’est ouvert mercredi 18 mars 2026 à Abidjan Cocody, à l’initiative de l’Union des entreprises du monde agricole et forestier (UNEMAF) et du Syndicat des producteurs industriels du bois (SPIB), avec l’appui de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI).
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par une forte régression du couvert forestier ivoirien, passé de 16 millions d’hectares au début du XXe siècle à environ 2,97 millions d’hectares en 2021, selon les données de l’Inventaire forestier et faunique national.
Une situation jugée préoccupante par les acteurs, d’autant plus que l’agriculture, principal moteur de la déforestation, et l’exploitation forestière, souvent pointée du doigt pour la dégradation des forêts, entretiennent des interactions étroites.
À l’ouverture des travaux, le président de l’UNEMAF, Yoro Bi Tizié, a souligné « l’urgence d’agir face à une réalité alarmante ». Il a rappelé que la Côte d’Ivoire a perdu plus de 80 % de son couvert forestier en à peine un siècle. Il a insisté sur la nécessité d’abandonner l’opposition entre agriculture et forêt au profit d’une approche basée sur la complémentarité et la synergie.
« La solution ne réside pas dans l’opposition entre ces deux secteurs, mais dans leur capacité à se renforcer mutuellement », a déclaré M. Yoro, saluant la mobilisation des différents acteurs et le soutien de la CGECI à l’organisation de l’atelier.
Cette initiative vise à offrir un cadre de réflexion inclusif réunissant ingénieurs forestiers, agronomes, juristes, représentants de l’État et opérateurs du secteur privé, afin d’apporter des réponses concertées aux défis techniques, réglementaires et institutionnels.
L’objectif général de l’atelier est de proposer des solutions innovantes et opérationnelles susceptibles de garantir une coexistence durable entre les secteurs agricole et forestier. De manière spécifique, les participants entendent analyser les interactions entre ces deux domaines, mettre en lumière leurs impacts sur le couvert forestier et la production agricole, présenter les politiques publiques et bonnes pratiques existantes, mais aussi identifier les contraintes freinant leur articulation.
Les travaux permettront également de formuler des recommandations concrètes à l’endroit des pouvoirs publics, des organisations professionnelles et du secteur privé, en vue d’améliorer la complémentarité entre agriculture et exploitation forestière.
Au cours de la journée, des communications et panels sont prévus sur les enjeux liés à la dégradation des sols, la perte de biodiversité et la baisse de la capacité de séquestration du carbone, conséquences d’une exploitation forestière mal planifiée, avec des répercussions directes sur les systèmes agricoles.
Les organisateurs espèrent qu’au terme des échanges, une feuille de route consensuelle et réaliste sera définie pour promouvoir un modèle de développement durable, où agriculture et forêt coexistent harmonieusement et contribuent conjointement à la prospérité économique et au bien-être des populations ivoiriennes.
(AIP)
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