Abidjan, 09 avr 2026 (AIP) – Le Syndicat national des biotechnologistes de Côte d’Ivoire (SYNAB-CI) a exprimé ses préoccupations relatives au projet de loi sur la biologie médicale, lors d’une conférence de presse animée jeudi 9 avril 2026 à Yopougon par son secrétaire général national, Dosso Inza.
Cette rencontre, tenue au siège de la Coordination des syndicats du secteur santé (Coordisanté), visait à alerter l’opinion publique ainsi que les parlementaires sur les implications du texte récemment adopté par la Commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale.
Présenté le 2 avril 2026 par le ministre de la Santé, Pierre N’gou Dimba, le projet de loi relatif à la biologie médicale comprend six titres et 57 articles. Il fixe notamment les conditions d’ouverture et de fonctionnement des laboratoires, les règles de remplacement des directeurs, ainsi que les modalités d’inspection, de contrôle qualité et de gestion des déchets biomédicaux.
Tout en reconnaissant la pertinence de ce cadre réglementaire, le SYNAB-CI déplore toutefois une exclusion des ingénieurs et techniciens biologistes, qui représenteraient plus de 85% des acteurs du secteur.
Le syndicat pointe plusieurs insuffisances, notamment une définition jugée restrictive du biologiste médical, réservant cette fonction aux seuls médecins et pharmaciens biologistes.
Selon le SYNAB-CI, une telle disposition pourrait avoir des conséquences importantes, en particulier dans les zones rurales où les ingénieurs et techniciens biologistes constituent souvent les principaux prestataires de services. L’application stricte du texte risquerait, selon ses responsables, de priver ces localités d’analyses médicales pendant plusieurs années, le temps de former un nombre suffisant de médecins biologistes.
Le syndicat évoque également des risques pour la mise en œuvre efficace de la Couverture maladie universelle (CMU), en raison de possibles blocages dans la validation et la gestion des résultats d’analyses.
Face à ces préoccupations, le SYNAB-CI appelle à une révision en profondeur du projet de loi afin de le rendre plus inclusif. Il recommande de s’inspirer de modèles internationaux, notamment ceux du Togo et de la France, où la définition du biologiste médical englobe l’ensemble des professionnels du domaine.
Le syndicat rappelle par ailleurs l’arrêté n°059 MSHP/CAB du 28 février 2008, qui autorise les ingénieurs et techniciens biologistes à diriger des laboratoires de niveaux primaire et secondaire.
Pour le SYNAB-CI, le texte, en l’état, pourrait compromettre la proximité des services de biologie médicale avec les populations et fragiliser les efforts de renforcement du système de santé.
Le syndicat a invité les parlementaires à prendre en compte ces préoccupations avant l’adoption définitive de la loi et a exhorté les médias à relayer largement ses observations, tout en appelant ses membres à rester mobilisés dans l’attente des suites du processus législatif.

