Bouaké, 30 avr 2026 (AIP)- Le Centre régional d’appui à la société civile du centre (CRASC-Centre) a organisé, mardi 28 et mercredi 29 avril 2026, à son siège de Bouaké, un atelier de rédaction de messages de plaidoyer à partir des recommandations issues de l’observation des élections présidentielle et législatives de 2025 en Côte d’Ivoire, en vue de leur transmission aux différentes parties prenantes du processus électoral.
Cet atelier de deux jours s’inscrit dans le cadre de la phase 3 du projet LAFISOU, un programme d’observation citoyenne des élections. Il a réuni des représentants des antennes du CRASC-Est, du CRASC-Sud et du CRASC-Nord, ainsi que des acteurs des médias, du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP) et de la Conseil nationale des droits de l’homme (CNDH).
Selon le président du conseil d’administration du CRASC-Centre, Diaby Adama, les organisations impliquées dans l’observation des scrutins de 2025 ont, à l’issue de leurs missions, formulé plusieurs recommandations après analyse des données collectées sur le terrain.
« Depuis le début de cet atelier, nous travaillons à la formulation de messages de plaidoyer à partir de ces recommandations, afin de les adresser à l’État, à la Commission électorale indépendante, à la société civile et aux médias. L’objectif est de contribuer à l’organisation d’élections apaisées, inclusives et indépendantes lors des prochaines échéances », a-t-il indiqué.
Il a relevé la participation de structures spécialisées dans le plaidoyer et l’observation électorale, avec l’appui de journalistes et de partenaires techniques, dont le WANEP, en vue d’assurer la qualité des messages élaborés.
La responsable suivi-évaluation du CRASC-Centre, Séka Betty Géraldine, a précisé que cet atelier constitue une étape opérationnelle du projet LAFISOU, après les phases d’observation et de formulation des recommandations.
« Nous élaborons des messages de plaidoyer destinés au gouvernement, à la Commission électorale indépendante, aux organisations de la société civile, aux médias, aux partis politiques et aux membres du Parlement. Ces messages portent sur la réforme électorale et visent à améliorer le processus électoral afin de garantir des élections justes et transparentes », a-t-elle expliqué.
Elle a ajouté que ces recommandations ont été formulées en collaboration avec plusieurs organisations, notamment, le centre AHOU, le WANEP, le CRASC-Sud et le CRASC-Est, à l’issue des observations des scrutins présidentiel et législatif de 2025.
Le chargé de programme alerte précoce et prévention des conflits au WANEP Côte d’Ivoire, Yves Konan, a indiqué que l’atelier de Bouaké fait suite à une rencontre tenue à Abidjan ayant regroupé les organisations de la société civile engagées dans l’observation électorale.
« Lors de cette rencontre, une trentaine de recommandations prioritaires ont été identifiées. L’atelier de Bouaké vise à analyser ces recommandations, à identifier les problèmes relevés et à formuler des messages clés à l’endroit des acteurs du processus électoral », a-t-il déclaré.
Il a relevé plusieurs insuffisances constatées lors des scrutins de 2025, notamment, l’absence d’un cadre de concertation réunissant l’ensemble des parties prenantes, le manque de formation de certains agents des bureaux de vote, ainsi que des insuffisances dans la sécurisation de certains centres de vote.
Yves Konan a également évoqué des cas de violences ayant entraîné des perturbations du processus, dont des vols d’urnes, ainsi que des restrictions à l’accès de certains observateurs électoraux lors des opérations de dépouillement.
Il a, en outre, souligné la nécessité de procéder à un audit du fichier électoral, en indiquant que le fichier actuel remonte à 2009 et présente des limites au regard de l’évolution du contexte électoral.
« Le cycle électoral reprendra en 2028. Il est nécessaire d’engager cet audit afin d’assurer la transparence du processus et de renforcer la confiance des acteurs », a-t-il affirmé.
(AIP)
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