San Pedro, 31 mai 2026 (AIP) – Le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a appelé les populations riveraines de l’agro-forêt de Monogaga à adhérer pleinement au projet d’aménagement agroforestier et écotouristique engagé par l’État, soulignant les retombées économiques, sociales et environnementales attendues pour les communautés locales.
Le ministre a lancé l’appel vendredi 29 mai 2026 à San Pedro lors d’une rencontre d’échanges avec les populations, les autorités administratives et les élus locaux, dans le cadre d’une visite de travail destinée à évaluer l’état d’avancement de la convention de concession d’aménagement agroforestier et écotouristique conclue entre l’État de Côte d’Ivoire et la fondation Roots Wild Foundation.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par des interrogations et des préoccupations exprimées par certaines communautés au sujet du projet.
Jacques Assahoré Konan a rassuré les populations sur les avantages qu’elles tireront de cette initiative, les invitant à s’y associer dans un climat de confiance et de sérénité afin de favoriser la mobilisation des financements nécessaires à sa mise en œuvre.
« Nous avons pris bonne note des préoccupations exprimées et des ajustements seront apportés dans la gestion du projet ainsi que dans la conduite des activités », a-t-il assuré.
Au nom des populations riveraines, le chef du village de Doulayéko, Bodou Alfred Stéphane, a salué la démarche du ministre. Il a exhorté les communautés à accompagner le processus de restauration de l’agro-forêt dans l’intérêt collectif, tout en s’engageant à relayer les recommandations formulées.
Signée en 2024, la convention de concession pour la restauration de l’agro-forêt de Monogaga vise à réhabiliter cet espace forestier à travers l’agroforesterie et le développement d’activités écotouristiques. Les opérations d’état des lieux et d’élaboration du plan d’aménagement ont été lancées le 10 février 2024 à San Pedro, avant la validation du plan par l’ensemble des parties prenantes le 13 mars 2025.

Située entre les départements de San Pedro et de Sassandra, l’agro-forêt de Monogaga couvre environ 40 000 ha. Ancienne forêt classée créée en 1973, elle a été requalifiée en agro-forêt par décret en septembre 2024.
Selon l’état des lieux réalisé dans le cadre du projet, plus de 97 % de cet espace forestier a été dégradé sous l’effet des activités humaines, notamment les cultures de cacao et d’hévéa. Le recensement a identifié environ 2 700 chefs d’exploitation ainsi que 14 villages et campements regroupant près de 45 000 habitants.
Le plan d’aménagement prévoit un investissement estimé à 32 milliards de FCFA sur dix ans pour financer les travaux de restauration forestière, les actions de développement communautaire et les infrastructures écotouristiques. À terme, près de 26 000 hectares de forêt devraient être restaurés, portant le taux de couverture forestière à 62 %, contre environ 3 % actuellement. Les communautés riveraines bénéficieront également d’investissements évalués à 11 milliards de FCFA et de plusieurs milliers d’emplois.
À l’issue de la rencontre, le ministre et sa délégation ont visité la station de production de plants forestiers du concessionnaire, destinée au reboisement de l’agro-forêt, ainsi que le village de Monogaga.
Au cours de son séjour dans la région, M. Assahoré Konan a également rencontré les acteurs de la filière bois qu’il a sensibilisés au reboisement compensatoire, campagne nationale lancée la veille à Mamakro, dans la commune de Fresco. Cette initiative vise à renforcer la contribution des exploitants des ressources naturelles à la reconstitution du couvert forestier national.
Cette action s’inscrit dans la politique gouvernementale de préservation et de restauration des forêts, dont l’objectif est de porter le taux de couverture forestière de la Côte d’Ivoire à 20 % à l’horizon 2030.
(AIP)
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