Abidjan, 28 mai 2025 (AIP) – La traduction des textes sacrés dans les langues ivoiriennes a été au centre d’une journée scientifique organisée le mardi 27 mai au Goethe-Institut d’Abidjan.
Placée sous le signe de la coopération ivoiro-allemande, cette rencontre a réuni enseignants-chercheurs, linguistes, étudiants et diplomates autour du thème : « Les travaux de traduction des textes sacrés en Côte d’Ivoire : bilan et perspectives ».
Initiée par le Laboratoire dynamique des langues et discours (LADYLAD) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, en partenariat avec l’Office allemand des échanges universitaires (DAAD), la journée visait à faire le point sur les efforts de traduction des textes religieux en langues locales, tout en explorant les perspectives de ce chantier culturel et scientifique majeur.
Représentant le doyen de l’UFR Langues, Littératures et Civilisations (LLC), le professeur Aboua Abia Alain a salué la portée multidimensionnelle de cette initiative.
« Traduire un texte sacré, ce n’est pas simplement transposer des mots d’une langue à une autre. C’est interpréter une vision du monde, une conception du divin, des valeurs éthiques et une culture vivante », a-t-il souligné, mettant en lumière les enjeux culturels et identitaires liés à cette démarche en contexte ivoirien.
L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Matthias Veltin, a honoré de sa présence cette rencontre, exprimant son attachement personnel au monde littéraire et académique. « La diplomatie et la traduction partagent une vocation commune : bâtir des ponts de compréhension entre les peuples. J’explique aux Allemands la Côte d’Ivoire, et aux Ivoiriens l’Allemagne », a-t-il déclaré.
Le professeur Edzard Lutz, spécialiste du texte biblique en hébreu, a quant à lui offert une perspective historique et philologique sur les traductions anciennes, illustrant leur importance dans la transmission du patrimoine religieux. Il a évoqué notamment le Codex Sinaiticus, un manuscrit biblique du IVe siècle, pour montrer que certaines traductions sont parfois plus anciennes que les copies conservées dans la langue originale.
Pour le directeur du LADYLAD, Kra Enoc, cette journée visait à dresser un bilan rigoureux et à définir de nouvelles pistes de recherche et d’action. « Il est urgent de traduire les textes sacrés dans des langues telles que le baoulé, le bété ou le djoula, mais cela suppose de relever de nombreux défis : méthodologiques, culturels, mais aussi financiers », a-t-il expliqué, appelant à un soutien accru pour mobiliser les ressources intellectuelles et logistiques nécessaires.
Des initiatives concrètes ont été mises en avant, telles que celles de l’Alliance biblique de Côte d’Ivoire et de la Société internationale de linguistique, qui œuvrent activement à la traduction et à la diffusion des textes religieux dans les langues nationales.
(AIP)
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