Abidjan, 28 oct 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire entend renforcer le financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en mobilisant davantage les ressources de sa diaspora à travers le programme WIDU.africa, officiellement lancé mercredi 28 octobre 2026 à l’hôtel Mövenpick, au Plateau, à Abidjan.
Mis en œuvre par la coopération allemande, à travers la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), ce dispositif vise à soutenir le développement des entreprises, à favoriser la création d’emplois et à améliorer les revenus.
Cofinancé par l’Union européenne et Global Gateway, le programme repose sur un mécanisme associant l’investissement d’un membre de la diaspora vivant en Europe à une subvention complémentaire, après vérification de l’investissement.
Il prévoit également un accompagnement technique et du coaching pour aider les entrepreneurs à améliorer la gestion de leurs activités et à inscrire leur croissance dans la durée. Des appels à projets thématiques permettent par ailleurs à certaines entreprises éligibles de solliciter un appui sans nécessairement disposer d’un partenaire dans la diaspora.

Pour le directeur général de la promotion des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat, Dr Yao Sylvère Konan, l’enjeu est de réorienter une partie des transferts de la diaspora vers des activités créatrices de valeur.
« L’objectif est clair : transformer la solidarité familiale en capital productif », a-t-il souligné, estimant que les compétences et les ressources des Ivoiriens de l’extérieur peuvent contribuer davantage au développement économique national.
Selon lui, la réussite du programme reposera sur trois conditions essentielles : « une coopération étroite entre entrepreneurs, diasporas, partenaires et pouvoirs publics », une offre adaptée à la diversité des entreprises bénéficiaires et « un suivi rigoureux des résultats ».
Il a notamment relevé qu’un atelier artisanal, un commerce de quartier ou une petite unité de transformation n’ont ni les mêmes besoins ni le même potentiel, d’où la nécessité d’un accompagnement adapté à chaque profil.
L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, a pour sa part insisté sur l’importance de la création d’emplois dans le secteur privé pour permettre à davantage de populations de bénéficier de la croissance économique.
« Le grand défi reste que la population en général participe aussi à cette croissance », a-t-il indiqué, soulignant le rôle de la mobilisation des ressources de la diaspora dans le renforcement des initiatives entrepreneuriales.
Le diplomate a également relevé que les transferts d’argent vers les familles africaines servent souvent à couvrir les dépenses courantes, alors qu’ils pourraient contribuer davantage au financement d’activités économiques.
Il s’est dit convaincu du potentiel de WIDU.africa en Côte d’Ivoire, tout en rappelant que son succès dépendra de l’engagement des entrepreneurs, de la confiance des membres de la diaspora et de l’appui des partenaires.

Représentant le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Lanzéni Koné a, quant à lui, présenté le dispositif comme une opportunité de rapprocher la diaspora des entrepreneurs établis en Côte d’Ivoire.
Il a notamment mis en avant le suivi des initiatives rendu possible par la plateforme en ligne et la possibilité de mobiliser les ressources ainsi que les compétences des Ivoiriens vivant à l’étranger.
« WIDU.africa met les Ivoiriens de l’extérieur en relation avec des entrepreneurs en Côte d’Ivoire pour développer des activités et permettre de créer des emplois », a-t-il expliqué. Il a réaffirmé l’engagement de sa direction à accompagner le déploiement du programme auprès de la diaspora, en cohérence avec les priorités nationales de mobilisation des investissements et des compétences.
Lancé en 2019 au Ghana et au Cameroun le programme régional WIDU.africa doit se poursuivre jusqu’en octobre 2028. Il intervient en Côte d’Ivoire et dans plusieurs autres pays africains, dont le Sénégal, la Gambie, le Mali, le Cameroun, le Togo, le Kenya, l’Éthiopie, la Tunisie et le Ghana.
le programme s’adresse aux membres de la diaspora vivant dans toute l’Europe, y compris dans certains pays non membres de l’Union européenne qui entretiennent une coopération étroite avec celle-ci.
À ce jour, le dispositif a mobilisé 13 millions d’euros d’investissements privés, accompagné 8 000 entreprises et contribué à créer ou à préserver près de 20 000 emplois dans les pays bénéficiaires.
(AIP)
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