Par Niagnély Mémel Franck AIP Bondoukou
Motiamo, 7 nov 2026 (AIP) – Se souvenir de ceux qui ne sont plus, leur rendre un dernier hommage et renouer avec les racines ancestrales, telles sont les valeurs autour desquelles les populations Dègah de Motiamo, dans le département de Bondoukou, se sont retrouvées vendredi 6 novembre 2026 pour célébrer le Côta, une cérémonie traditionnelle consacrée à l’accompagnement définitif des défunts.
Inscrite dans le programme du Gbônon Festival, cette célébration a réuni des ressortissants du village venus de différentes localités de Côte d’Ivoire et de l’étranger. Au-delà de sa dimension funéraire, elle constitue un moment de retrouvailles familiales, de recueillement et de communion entre les générations.
Pour le président de la Mutuelle pour le développement économique et socio-culturel de Motiamo (MUDESMO), Yao Souleymane Ouattara, le Côta est une expression forte de l’identité culturelle Dègah, transmise par les ancêtres et perpétuée au fil des générations.
« Nous avons vécu avec des êtres chers avec qui nous avons partagé des moments de joie et de tristesse. Lorsqu’ils ne sont plus là, il est important de les célébrer, de leur montrer que nous ne les avons pas oubliés et de leur adresser un dernier adieu », explique-t-il.
La date de cette cérémonie n’est pas fixée au hasard. Elle est déterminée par les sages et les détenteurs du savoir traditionnel, conformément au calendrier ancestral, précise le responsable de la mutuelle.
Pour les participants, le Côta est aussi une occasion de renouer avec leurs origines et de préserver les liens familiaux, malgré l’éloignement géographique.
Venue de l’extérieur du village depuis mercredi pour prendre part aux festivités, Kouamé Yaoué Emeline témoigne de cet attachement à la tradition. Sa présence répond, selon elle, à un devoir familial et culturel. Elle est venue accompagner un défunt, une démarche qui lui permet également de rendre hommage à son père, décédé alors qu’elle était encore toute petite et qu’elle n’avait pu accompagner.
Malgré ses convictions chrétiennes, elle affirme ne pas vouloir abandonner cette tradition qui demeure, à ses yeux, un lien essentiel avec ses ancêtres et son histoire familiale.
Au-delà de l’hommage aux disparus, le Gbônon Festival marque également la fin de l’année traditionnelle et l’entrée dans une nouvelle année. C’est un moment où les familles formulent des vœux de bonheur, de paix et de longévité pour leurs proches et l’ensemble de la communauté.
Instituée depuis huit ans sous sa forme actuelle à Motiamo, selon Yao Souleymane Ouattara, la célébration du Côta contribue ainsi à la transmission des valeurs ancestrales et au renforcement de la solidarité communautaire.
Minoritaire en Côte d’Ivoire, le peuple Dègah est apparenté aux populations Gurusi, Koulango et Abron. Dans la région du Gontougo, il est principalement établi à Boromba, Motiamo et Zagala. La communauté est également présente au Ghana, où elle entretient des liens culturels avec ses ressortissants.
(AIP)
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