Abidjan, 06 nov 2026 (AIP)- Le comité scientifique a formulé plusieurs recommandations visant à améliorer la performance des projets et programmes de développement, à lever les contraintes qui entravent leur exécution et à renforcer leur contribution aux objectifs du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Selon le rapporteur général du comité scientifique, Mme Yao Madeleine, ces recommandations portent notamment sur l’amélioration de la gestion opérationnelle des projets, le renforcement du suivi de proximité et l’optimisation de la contribution des partenaires techniques et financiers (PTF) au financement des priorités nationales.
Au titre de la performance opérationnelle, le comité préconise un développement sélectif des programmes axés sur les résultats (P4R), en privilégiant les opérations disposant d’indicateurs réalistes, de mécanismes de vérification fiables et de capacités nationales pérennes.
Il recommande également d’anticiper la libération des emprises des projets, en intégrant dès leur préparation les coûts et diligences liés aux Plans d’action de réinstallation (PAR), afin de prévenir les retards d’exécution liés aux indemnisations et aux déplacements des populations.
La simplification des procédures d’exonération et la fluidification de la chaîne de la dépense figurent également parmi les priorités identifiées.
À cet effet, le comité préconise une harmonisation des circuits de validation et de contrôle, ainsi qu’un renforcement de la traçabilité du traitement des dossiers.
La discipline fiduciaire, contractuelle et environnementale devra, par ailleurs, être consolidée à travers une meilleure anticipation des audits, un suivi rigoureux des marchés et la mise en œuvre des mesures correctives nécessaires.
Le Comité insiste également sur la préparation anticipée des clôtures de projets, afin de garantir l’apurement des opérations et le transfert effectif des actifs et responsabilités.
S’agissant du suivi territorial, les recommandations mettent l’accent sur l’institutionnalisation et l’extension des cellules locales de suivi des portefeuilles aux niveaux régional et départemental.
Cette orientation s’appuie notamment sur les expériences du corps préfectoral dans les régions du Bounkani et du Tonkpi, ainsi que dans le département de Taï, qui témoignent de l’intérêt du suivi de proximité dans la coordination des interventions, la vérification des réalisations et le traitement des difficultés rencontrées sur le terrain.
Le comité propose, à cet égard, de renforcer le rôle des préfets dans la coordination territoriale, l’organisation de revues trimestrielles, la remontée des alertes et la facilitation du règlement des difficultés foncières et sociales.
Il recommande également la multiplication des visites conjointes pour constater l’état réel d’avancement des projets, relever les éventuelles non-conformités et prévenir les chevauchements entre investissements.
« L’information des populations bénéficiaires et le développement des compétences des entreprises locales en vue de faciliter leur accès aux marchés publics, dans le respect des règles de concurrence, constituent également des axes d’intervention prioritaires », a ajouté le rapporteur général.
Concernant la contribution des partenaires techniques et financiers au PND 2026-2030, le comité scientifique recommande, a poursuivi Mme Yao, un suivi opérationnel des engagements annoncés, de leur contractualisation, de leur mobilisation effective et des résultats obtenus.
Il préconise également un meilleur alignement des financements extérieurs sur les priorités, les indicateurs et les programmes budgétaires nationaux, ainsi qu’une programmation pluriannuelle des capacités nationales d’absorption des ressources mobilisées, notamment en matière de préparation des projets, de disponibilité du foncier, de contreparties financières et de maîtrise d’ouvrage.
Au niveau stratégique, le Comité appelle à un engagement renforcé des autorités gouvernementales autour de cinq orientations notamment, le pilotage des portefeuilles sur la base d’indicateurs harmonisés et de revues régulières, la présentation aux partenaires de projets suffisamment matures, l’accélération des arbitrages administratifs, fonciers et fiduciaires, ainsi que la finalisation des textes réglementaires et institutionnels encadrant l’exécution des projets.
Une attention particulière est notamment accordée à la révision du décret n° 475, à l’application de l’arrêté n° 020 et à l’adoption du projet de décret portant création d’un organisme unique de gestion des Plans d’action de réinstallation (PAR).
Le comité recommande enfin la généralisation des Comités de suivi locaux et la mise à leur disposition des moyens humains, matériels et financiers nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.
(AIP)
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