Abidjan, 28 oct 2026 (AIP)- Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a appelé mercredi 28 octobre 2026 à Abidjan, lors de l’ouverture de CYBER.EX, les dirigeants d’entreprises et d’organisations gérant des infrastructures critiques à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité, notamment par la mise en place de plans de continuité d’activité et la simulation régulière de situations de crise.
« Je vous demande donc une chose pendant cet exercice : cherchez à nous dévoiler vos faiblesses. C’est ici que les erreurs valent mieux que la résignation », a dit M. Ouattara, indiquant qu’une défaillance dans l’un d’eux peut menacer l’ensemble du système numérique national.
Selon M. Ouattara, la stratégie nationale de cybersécurité est en cours de révision. Il a également évoqué le référentiel général de sécurité des systèmes d’information, qui fixe des exigences de sécurité pour les entreprises et les organisations chargées de la gestion des infrastructures critiques.
Il a exhorté les responsables à se doter de plans de continuité d’activité, à les tester régulièrement et à signaler les incidents afin de renforcer la coopération entre les acteurs concernés. « Une transformation numérique sans confiance serait fragile. Une confiance qui n’a jamais été mise à l’épreuve serait aussi illusoire », a-t-il soutenu, soulignant la nécessité de confronter les dispositifs de sécurité à des situations réalistes.
Le ministre a également salué la participation des forces de défense et de sécurité ainsi que des partenaires étrangers à cet exercice, qui vise à améliorer la préparation des organisations face aux cybermenaces.
Le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), également président du comité d’organisation et de pilotage de CYBER.EX, Ouattara Guelpétchin, a relevé que depuis janvier 2026, l’ANSSI a notifié à 124 organisations un total de 147 vulnérabilités majeures, ayant entraîné notamment des fuites de données sensibles et des blocages de systèmes suivis de demandes de rançon.
« Face à cette asymétrie, nous ne gagnerons pas en prétendant tout empêché. Nous gagnerons par la résilience », a déclaré M. Ouattara, précisant qu’il s’agit de détecter rapidement les attaques, de les contenir, d’en limiter les dégâts et de rétablir les services essentiels sans interrompre le fonctionnement du pays.
Le directeur général de l’ANSSI a expliqué que l’exercice consiste à simuler une crise cyber susceptible de perturber successivement l’approvisionnement en électricité, les télécommunications et les systèmes de paiement, mettant à l’épreuve les capacités techniques et décisionnelles des organisations concernées.

Abordant les nouveaux enjeux liés à la désinformation et à l’intelligence artificielle, Ouattara Guelpétchin a estimé que la souveraineté numérique dépasse désormais la seule protection des infrastructures, pour englober également l’autonomie de jugement des populations.
Il a, par ailleurs, annoncé que CYBER.EX deviendra un rendez-vous annuel, chaque édition devant permettre de mesurer les progrès réalisés en matière de préparation aux crises cyber. « La compétition destinée aux jeunes, limitée cette année aux grandes écoles et universités, sera également élargie à tous les jeunes talents, avec des phases éliminatoires jusqu’à la finale organisée dans le cadre de l’événement », a-t-il ajouté.
Près de 800 participants issus des secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la finance prennent part au CYBER.EX, organisé par l’ANSSI. Placé sous le thème « Résilience numérique nationale : anticiper, réagir, rebondir ensemble pour garantir la sécurité », cette édition se déroule sous la présidence du vice-président de la République, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara. Elle s’achève le 29 octobre.
(AIP)
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