Man, 02 août 2026 (AIP)-Des jeunes musulmans venus des régions du Tonkpi, du Guémon, du Cavally et du Bafing ont échangé, vendredi 31 juillet 2026 à Man, avec des responsables de l’administration, des forces de l’ordre et de la communauté religieuse sur les moyens de lutter contre l’incivisme et la consommation de la drogue.
Cette réflexion s’est déroulée lors d’un panel organisé à la salle Amadou Gon Coulibaly de l’hôtel communal de Man dans le cadre de la cinquième édition du séminaire de formation islamique « Al-Kahf », initié par le conseil permanent des bureaux régionaux de la Jeunesse musulmane en Côte d’Ivoire (JEMCI) sous l’autorité du Conseil des imams, des mosquées et des affaires islamiques (CODISS).
Face à un auditoire composé de jeunes venus de plusieurs localités de l’ouest du pays, les intervenants ont abordé les manifestations de l’incivisme qui touchent aujourd’hui la société, notamment le non-respect des lois, les violences, la consommation de la drogue, le vandalisme, les comportements sur les réseaux sociaux, l’insalubrité ou encore la corruption.
Au-delà du constat, les échanges ont surtout porté sur les responsabilités de chacun dans la promotion du civisme, qu’il s’agisse de l’État, des leaders religieux, des organisations de jeunesse ou des jeunes eux-mêmes.

Le capitaine de police Koné Lassana, chef de la voie à la préfecture de police de Man, a attiré l’attention des participants sur certains comportements observés au quotidien. « Sur le plan national et en particulier ici à Man, l’incivisme est une réalité surtout venant de nos jeunes. Aujourd’hui, voir les jeunes gens rouler à moto sans casque, ni permis de conduire, c’est déjà une infraction grave », a-t-il déclaré.
Le responsable policier a invité les jeunes à se conformer aux règles en vigueur, notamment en obtenant un permis de conduire, en portant un casque de protection et en souscrivant à une assurance.
Pour le président de la jeunesse musulmane de Man, l’imam Mohamed Lamine Camara, le choix du thème répond à une préoccupation partagée au sein des communautés. « Nous avons besoin d’un changement au niveau de la société. Nous avons un réel problème au niveau de la jeunesse musulmane. Les consignes que nous donnons dans les mosquées, dans les prêches, les rencontres et les thé-débats ne suffisent plus. Il faut appeler les concernés pour échanger », a-t-il expliqué.
Selon lui, la tenue de ce panel vise à créer un cadre de dialogue permettant aux jeunes de mieux comprendre les conséquences de certains comportements et de s’impliquer dans la recherche de solutions.
Les interventions des panélistes ont donné lieu à des échanges avec les participants, qui ont partagé leurs préoccupations et sollicité des conseils sur les attitudes à adopter dans leur environnement quotidien. Parmi eux, Sidibé Amina, venue de Guiglo, a estimé que les enseignements reçus constituent un engagement à transmettre autour d’elle.
« Nous sommes la jeunesse musulmane, on doit suivre la loi. L’islam, ce n’est pas le désordre. De retour dans ma communauté, je vais sensibiliser davantage mes frères et sœurs sur le civisme concernant surtout les comportements sur les routes », a-t-elle confié.
Bien avant la tenue du panel, les séminaristes ont participé à une opération de don de sang destinée à soutenir les besoins des structures sanitaires.
Ce panel s’inscrit dans le programme de la cinquième édition du séminaire Al-Kahf, qui se tient à Man, du 29 juillet au 02 août autour du thème : « Quelle contribution de la jeunesse musulmane dans la lutte contre l’incivisme et la consommation de la drogue ? ».
(AIP)
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