Abidjan, 30 oct 2026 (AIP) – Des chercheurs et experts francophones ont appelé à renforcer l’ancrage de la recherche scientifique dans les réalités économiques et sociales africaines, lors de la première édition des Journées scientifiques de l’Académie africaine de recherches, d’études et d’expertises francophones (ACAREF), organisée jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026 à Cocody.
La rencontre, tenue à American Space de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, avait pour thème « La recherche scientifique francophone face aux défis du développement durable : dynamiques, innovations et opportunités en Côte d’Ivoire ».
Elle a réuni des chercheurs, des doctorants et des experts autour des moyens de renforcer la visibilité des productions scientifiques francophones et leur contribution aux transformations socio-économiques du continent.
Ouvrant les travaux en présentiel, le représentant pays et directeur national de l’ACAREF en Côte d’Ivoire, Dr Marcel Vahou, a insisté sur la nécessité de dépasser les cloisonnements disciplinaires et géographiques pour mieux faire connaître les travaux des chercheurs africains.
« L’Afrique francophone regorge de talents, mais nos productions souffrent d’un manque de visibilité internationale et d’un ancrage insuffisant dans les réalités économiques et sociales », a-t-il déclaré.
Intervenant en ligne depuis le Ghana, le coordonnateur général de l’ACAREF, Pr Koffi Agbeflé, a, pour sa part, exhorté les chercheurs à privilégier des travaux susceptibles d’apporter des réponses concrètes aux défis du développement durable.
« Notre société n’a que faire de nos ambitions et publications purement académiques. Elle attend de nous des idées, et plus encore des actes, des réponses concrètes et capitalisables face aux défis du développement durable », a-t-il affirmé.
Il a également annoncé que la Côte d’Ivoire accueillera, en 2027, les prochains congrès mondiaux et universités d’été de l’ACAREF, en reconnaissance de l’engagement de ses chercheurs.
La conférence inaugurale, animée par la vice-doyenne de l’UFR Langues, Littératures et Civilisations (LLC) et directrice scientifique du colloque, Pr Aimée-Danielle Lezou Koffi, a porté sur les conditions de production et d’utilisation des savoirs scientifiques.
Elle a notamment plaidé pour un rapprochement entre la recherche, les décideurs publics et les territoires, soulignant que la production de connaissances scientifiques validées ne suffit pas, à elle seule, à améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Les travaux ont également donné lieu à des communications et à des panels sur plusieurs domaines, notamment la santé, l’urbanisme, l’environnement, l’intelligence artificielle et l’édition scientifique.
Un panel interactif, modéré par Dr Renaud-Guy Moularet de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC), a permis d’aborder les difficultés de l’édition scientifique en Côte d’Ivoire, la transformation des résultats de recherche en innovations sociales et économiques, ainsi que les enjeux du climat et du développement dans les universités africaines.
Les échanges ont fait ressortir la nécessité de consolider les passerelles entre les universités, les laboratoires et les acteurs socio-économiques. La valorisation des savoirs locaux et le développement des approches pluridisciplinaires ont également été présentés comme des leviers pour accroître l’utilité sociale de la recherche.
La première édition de ces Journées scientifiques s’est achevée sur un appel à pérenniser les cadres de concertation et de collaboration entre les chercheurs francophones.
(AIP)
lbs/msl/cmas

