Abidjan, 07 juin 2026 (AIP)- Le conseiller technique du ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement techniqueFrançois Yeboué a indiqué que l’alimentation scolaire occupe une place stratégique dans la vision du gouvernement de la Côte d’Ivoire, lors de l’atelier de restitution des résultats de la phase diagnostic du projet “CRISP-Alimentation Scolaire” qui s’est déroulé jeudi 4 juin 2026 à Abidjan-Cocody.
Selon M. Yeboué, cette place s’explique par le fait que l’alimentation constitue bien plus qu’un programme de repas scolaire, « un levier de réussite éducative ,un instrument de justice sociale, un moteur de développement local et un puissant facteur de développement du capital humain. »
« A travers l’alimentation scolaire, c’est toute une chaîne de valeurs que nous avons la responsabilité de structurer, de renforcer et de pérenniser. Il s’agit de bâtir un système d’approvisionnement durable et structuré par la mise en place de mécanismes efficaces afin de garantir la continuité du service d’alimentation tout au long de l’année scolaire, dans toutes les régions du pays” a ajouté M. Yéboué.
Il a précisé qu’il s’agit également de promouvoir les achats locaux en soutenant durablement les petits producteurs afin d’améliorer leurs revenus et de dynamiser les économies rurales.
Le directeur des cantines scolaires, Jérôme Kobon Ayékoé a apprécié l’initiative de cet atelier car l’objectif de sa direction est d’encourager tout ce qui concourt à booster le programme d’alimentation scolaire “pour relever les défis majeurs.
Ces défis consistent à fournir un repas chaud et équilibré à tous les élèves dans les écoles primaires publiques, tous les jours d’école, et de parvenir à l’élaboration de la loi sur l’alimentation scolaire.”
Cet atelier avait pour thème “Résilience et diversification alimentaire en Côte d’Ivoire : valorisation d’une agriculture durable permettant l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux sains et nutritifs pour soutenir une croissance économique inclusive”.

La rencontre a permis aux organisateurs, principalement des chercheurs pluridisciplinaires, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique et la Direction des cantines scolaires, de faire le compte rendu d’une enquête diagnostic de terrain qui s’est déroulée du 21 au 28 février 2026 dans les neuf agropoles de Côte d’Ivoire.
L’objectif étant de collecter des données quantitatives et qualitatives sur le système d’approvisionnement des cantines scolaires en Côte d’Ivoire par les groupements agricoles,en vue de les analyser.
“ On a constaté sur le terrain de faibles rendements agricoles, l’accès limité au foncier, particulièrement pour les femmes, une faible mécanisation, une dépendance aux cultures pluviales, un faible accès aux financements des groupements, une insuffisance des infrastructures de stockage des productions, a fait savoir le coordonnateur du projet Crisp-Côte d’Ivoire, Pr Sébastien Niamkey.
Selon lui, au niveau des cantines scolaires, elles sont pour la plupart opérationnelles mais l’accès à l’eau potable reste insuffisant dans plusieurs localités et seulement environ la moitié des élèves ont effectivement accès aux repas scolaires.
Il a ajouté que la plupart des groupements mobilisés autour des cantines scolaires sont constitués à 90% de femmes. “ Les hommes gagneraient à s’intéresser aux activités des groupements agricoles” a-t-il conseillé.
Quant aux professeurs Thierry Zoué et Kando Soumahoro, également promoteurs du projet, ils ont relevé au niveau du diagnostic de la relation entre groupements- cantines, une faiblesse de contractualisation, un manque de mécanismes de financement adéquats , une inadéquation entre l’offre agricole et les besoins des cantines scolaires,etc.
Les participants à cet atelier ont formulé des recommandations pour un programme d’alimentation scolaire plus dynamique, à savoir, renforcer la mécanisation agricole, développer les infrastructures de stockage et de transformation, sécuriser l’accès au foncier à travers des conventions locales, augmenter progressivement la couverture alimentaire annuelle,
Il s’agit également d’améliorer les infrastructures d’eau, d’hygiène et de stockage, sensibiliser les communautés aux enjeux de l’équité et du genre, solliciter des structures bancaires pour apporter un appui aux groupements agricoles mobilisés autour des cantines scolaires, etc.
Le projet “CRISP-Alimentation Scolaire” bénéficie de l’appui du centre de recherche pour le développement international (CRDI) , du centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES) et de sa cellule d’analyse des politiques économiques (CAPEC).
(AIP)
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