Abidjan, 18 sept 2026 (AIP) – Le Projet de relance de la production piscicole continentale (PREPICO2) veut stimuler la consommation du silure d’élevage en Côte d’Ivoire, à travers des actions de promotion et de valorisation de cette espèce.
Dans ce cadre, le Projet a organisé, vendredi 18 septembre 2026 à Abidjan Cocody, une séance de dégustation destinée à faire découvrir au public différentes préparations à base de silure.
La rencontre, tenue à l’Hôtel Lorenzo de Riviera Palmeraie, s’inscrit dans les activités du Projet mis en œuvre par le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), avec l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).
Pour la directrice de l’Aquaculture au MIRAH, Dr Nezzi Nicole, cette initiative vise à lever les préjugés autour du silure et à montrer ses possibilités culinaires. Elle a relevé que le développement de la pisciculture locale pourrait contribuer à réduire la dépendance de la Côte d’Ivoire aux importations de produits halieutiques.
« La promotion de la consommation du silure n’est pas seulement une question gastronomique, c’est une question de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de valorisation de nos ressources locales », a-t-elle déclaré.
Dr Nezzi a par ailleurs insisté sur la nécessité de rapprocher producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs et chefs cuisiniers pour structurer la chaîne de valeur et mieux adapter l’offre à la demande.
Selon les données présentées par la directrice de l’Aquaculture, la Côte d’Ivoire importe plus de 700 000 tonnes de produits halieutiques par an, pour une dépense de plus de 500 milliards FCFA.
Le coordonnateur du PREPICO2, Dr Kili Djolaud Hervé Cédric, a expliqué que le projet cherche à diversifier les espèces produites localement, le tilapia étant déjà bien présent dans les habitudes alimentaires. « Avec seulement le tilapia, nous ne pouvons pas combler le gap de la consommation de la Côte d’Ivoire, donc il faut d’autres espèces », a-t-il relevé.
Selon lui, le silure présente des atouts pour l’élevage, notamment sa croissance rapide et ses qualités nutritives. Le projet prévoit donc des formations sur la production d’alevins et des actions de promotion auprès des consommateurs.
Le conseiller technique chargé de l’Aquaculture au MIRAH, Dr Kaba Ibrahima, a également souligné le potentiel économique de cette filière, y compris pour les marchés de la sous-région ouest-africaine. « Nous avons une richesse ici que nous négligeons et il y en a qui s’y intéressent », a-t-il fait observer, appelant à mieux valoriser cette ressource.
Les participants ont découvert diverses recettes à base de silure, dont le « Biokesseu », le poisson braisé au charbon de bois, le poisson étouffé à la vapeur avec une sauce au basilic, ainsi que des préparations en filet, hamburger et soupe.
Le PREPICO2 intervient dans six régions du Sud-Est, notamment Abidjan, La Mé, les Grands-Ponts, le Sud-Comoé, l’Agnéby-Tiassa et l’Indénié-Djuablin. Il agit sur la production, la commercialisation, la gestion des exploitations aquacoles, l’investissement et l’accès au financement, avec un accent sur le tilapia et le silure.
Le projet, mis en œuvre avec l’appui de la JICA, doit se poursuivre jusqu’en avril 2027.
(AIP)
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