Abidjan, 31 juil 2026 (AIP)– La 25e édition des Journées scientifiques (JSS 2026), du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI), placée sous le thème, « Pollution environnementale : pathologies humaines et animales », a débuté, jeudi 30 juillet 2026 à Yamoussoukro, apprend-on d’une note d’information.
Pendant trois jours, près de 200 médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, vétérinaires, enseignants-chercheurs, administrateurs de la santé, partenaires techniques et décideurs, venus de Côte d’Ivoire et de plusieurs pays africains, réfléchiront aux conséquences croissantes de la dégradation de l’environnement sur la santé publique.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, du représentant du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Tia Mamadou, ainsi que de nombreuses autorités administratives, scientifiques et partenaires institutionnels.
Le secrétaire général du SYNACASS-CI, Dr Guillaume Esso Akpesse, a qualifié le thème retenu de véritable « cri d’alarme » face à l’accélération de la dégradation de l’environnement et à ses répercussions sanitaires.
Selon lui, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, les déchets toxiques ainsi que les effets du changement climatique favorisent l’apparition de nombreuses pathologies, notamment les maladies respiratoires chroniques, les cancers liés aux substances chimiques, les maladies infectieuses émergentes, les troubles neurologiques et métaboliques ainsi que les zoonoses.
« On ne peut pas protéger durablement la santé des populations sans protéger leur environnement », a-t-il affirmé, rappelant que les cadres supérieurs de santé occupent une place essentielle dans le diagnostic, la prise en charge des patients, la recherche scientifique et l’accompagnement des pouvoirs publics.
Le responsable syndical a plaidé pour un renforcement de la législation environnementale, de la surveillance épidémiologique, des capacités diagnostiques, de l’éducation sanitaire et environnementale ainsi que des partenariats multisectoriels afin d’apporter des réponses durables aux défis sanitaires liés à la pollution.
Ouvrant officiellement les travaux, le ministre Abou Bamba a souligné que les enjeux environnementaux sont désormais indissociables de ceux de la santé publique. Selon lui, la pollution atmosphérique, l’insalubrité des eaux, la contamination des sols, la mauvaise gestion des déchets toxiques et les effets du changement climatique figurent parmi les principaux déterminants de nombreuses maladies humaines et animales.
« Protéger l’environnement, c’est protéger la santé. Protéger la santé, c’est protéger notre développement », a déclaré le ministre devant les participants.
M. Bamba a insisté sur la nécessité de renforcer l’approche « Une Seule Santé » (One Health), qui vise à intégrer la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement dans une stratégie commune de prévention et de gestion des risques sanitaires. Évoquant les enseignements tirés de la catastrophe des déchets toxiques survenue à Abidjan en 2006, il a rappelé l’importance d’une vigilance permanente face aux risques environnementaux.
Le ministre a présenté plusieurs actions engagées par le Gouvernement, notamment le renforcement du cadre juridique de protection de l’environnement, la lutte contre l’orpaillage clandestin, l’amélioration de la gestion des déchets, la surveillance des maladies liées aux changements climatiques ainsi que la mise en œuvre de la stratégie nationale d’adaptation climatique.
Il a également annoncé que près de 1 750 milliards de FCFA sont mobilisés dans le cadre de cette stratégie afin de renforcer la résilience climatique, les systèmes de surveillance épidémiologique et les infrastructures sanitaires.
S’adressant aux professionnels de santé, Abou Bamba les a invités à documenter et signaler systématiquement les pathologies susceptibles d’être liées aux facteurs environnementaux afin d’améliorer les politiques publiques de prévention.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Tia Mamadou, directeur général adjoint de la Santé, a salué l’engagement personnel du ministre de l’Environnement, venu présider l’ouverture des travaux malgré un agenda chargé. Selon lui, cette présence traduit la volonté du Gouvernement de renforcer la coopération entre les secteurs de la santé et de l’environnement afin de prévenir efficacement les maladies liées à la pollution.
Les travaux des JSS 2026 porteront notamment sur les déterminants et la gestion de la pollution environnementale, les pathologies humaines liées à la pollution, les maladies animales d’origine environnementale, es maladies métaboliques associées à la pollution et les stratégies de prévention des maladies environnementales.
Institutionnalisées comme un rendez-vous annuel de formation continue, les Journées scientifiques du SYNACASS-CI prendront fin ce samedi. Les participants formuleront des recommandations concrètes en vue de renforcer la prévention, le diagnostic et la prise en charge des pathologies liées à la pollution environnementale en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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