Abidjan, 04 juin 2026 (AIP)- Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Épiphane Zoro Bi Ballo, a indiqué jeudi 4 juin 2026 que la stratégie nationale de lutte contre la corruption, adoptée par le gouvernement ivoirien en juin 2024, repose sur plusieurs axes majeurs visant à renforcer la transparence, l’intégrité publique et la confiance des citoyens dans les institutions.
Invité de la rencontre, « Les Grands rendez-vous de l’AIP », autour du thème « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs en Côte d’Ivoire ? », M. Zoro Bi Ballo a présenté les principaux leviers de cette stratégie ainsi que les résultats enregistrés par son institution.
Selon lui, la prévention constitue l’un des piliers essentiels de cette politique nationale. « Nous sommes convaincus que la prévention est le moyen le plus durable et le plus efficace en matière de lutte contre la corruption », a-t-il affirmé.
Dans cette dynamique, la HABG a renforcé ses mécanismes de sensibilisation à travers la création de l’Académie de la bonne gouvernance et du leadership anticorruption. Cette structure a permis de former 400 auditeurs en 2025 issus de l’administration publique, du secteur privé et de la société civile. En mai 2026, 670 nouveaux fonctionnaires ont également bénéficié d’une formation sur l’éthique, l’intégrité et la lutte contre la corruption avant leur prise de fonction.
La modernisation des outils de dénonciation constitue un autre axe stratégique. La plateforme numérique Signalis et le numéro vert 800 811, accessibles à tous les citoyens, ont permis d’accroître significativement les signalements d’actes présumés de corruption. Entre 2023 et 2026, la HABG a enregistré 1 544 saisines, contre 1 190 sur l’ensemble de la période 2014-2022, a-t-il signifié.
Le renforcement des mécanismes de répression figure également parmi les priorités de la stratégie nationale. Sur la période récente, 53 enquêtes ont été ouvertes à partir de 92 dossiers examinés par le Conseil de la HABG. Ces investigations ont conduit à la transmission de 25 procès-verbaux au Pôle pénal économique et financier ainsi qu’à l’interpellation de 30 personnes impliquées dans des faits présumés de corruption.
Le président de la HABG a notamment évoqué des affaires enregistrées dans les secteurs de la santé et du foncier, ayant conduit à l’interpellation d’agents publics soupçonnés d’exiger ou de percevoir des paiements irréguliers auprès des usagers.
La promotion de la transparence dans la gestion publique constitue un autre axe fondamental de la stratégie. À ce titre, la déclaration de patrimoine demeure un instrument central de prévention de l’enrichissement illicite et des détournements de fonds publics.
La HABG a enregistré à ce jour près de 10 000 déclarations de patrimoine, soit un taux de conformité de 90 % des assujettis. Depuis 2023, l’institution applique systématiquement les sanctions prévues par la loi contre les responsables défaillants. Vingt-sept dossiers ont ainsi été transmis au Pôle pénal économique et financier après épuisement des procédures de mise en demeure.
La digitalisation du processus de déclaration de patrimoine figure également parmi les réformes majeures engagées afin d’améliorer l’efficacité et la traçabilité du dispositif.
Par ailleurs, la stratégie nationale accorde une place importante à la production d’indicateurs fiables de gouvernance. La HABG travaille actuellement à la mise en place d’un Indice national de gouvernance, d’un Indice national d’intégrité ainsi que d’une enquête nationale de mesure de la corruption destinée à orienter les politiques publiques et à évaluer les progrès réalisés.
Évoquant les résultats obtenus ces dernières années, Épiphane Zoro Bi Ballo a souligné que le score de la Côte d’Ivoire dans l’Indice de perception de la corruption est passé de 27 points sur 100 en 2013 à 43 points sur 100 en 2025. Dans le même temps, le pays est passé du 136e au 76e rang mondial sur 180 pays.
Pour le président de la HABG, ces avancées traduisent les efforts consentis par l’État ivoirien en matière de transparence, de modernisation institutionnelle et de lutte contre la corruption.
Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective associant administrations publiques, secteur privé, médias, organisations de la société civile et citoyens afin de consolider les acquis et renforcer durablement la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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