Abidjan, 4 nov 2026 (AIP) – Avec 4 041 nouveaux cas estimés en 2022, le cancer de la prostate figure parmi les principales préoccupations sanitaires en Côte d’Ivoire.
Malgré les campagnes de sensibilisation organisées chaque année à l’occasion de Novembre bleu, l’encouragement au dépistage précoce demeure un enjeu majeur pour les autorités sanitaires et les professionnels de santé.
Selon les estimations de GLOBOCAN 2022, cette maladie représente 18,9 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancer enregistrés dans le pays, tous sexes confondus. Chez les hommes, elle constitue 41,3 % des nouveaux cas de cancer, ce qui en fait la première localisation cancéreuse dans cette population.
Ces chiffres mettent en évidence l’importance de renforcer l’information des populations masculines sur les risques liés à cette pathologie et sur les possibilités de diagnostic et de prise en charge.
La campagne Novembre bleu, consacrée à la sensibilisation aux cancers masculins, constitue l’un des cadres de mobilisation autour de cette problématique. Elle trouve son origine dans le mouvement international « Movember », lancé en 2003 à Melbourne, en Australie, par deux amis, Travis Garone et Luke Slattery.
À l’origine, leur initiative consistait à remettre la moustache à la mode à travers un défi organisé durant le mois de novembre. Le symbole prend progressivement une dimension sanitaire lorsque ses promoteurs décident de l’utiliser pour attirer l’attention sur les problèmes de santé touchant les hommes, notamment le cancer de la prostate.
Le terme « Movember », issu de la contraction des mots anglais « moustache » et « November » (novembre), devient ainsi l’appellation d’un mouvement international. En 2004, une organisation portant ce nom est créée pour soutenir la recherche et les actions de lutte contre le cancer de la prostate.
Au fil des années, ses interventions s’étendent à la prévention du cancer des testicules, à la santé mentale masculine et à la prévention du suicide.
Une mobilisation institutionnelle progressive en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, les activités de Novembre bleu s’inscrivent dans les actions de prévention et de lutte contre les cancers conduites par les autorités sanitaires et les structures spécialisées.
Le 23 novembre 2024, le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), à Abidjan-Cocody, a accueilli une cérémonie consacrée à cette campagne.
Organisée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, en collaboration avec le District autonome d’Abidjan, la Fédération ivoirienne d’athlétisme et la Fédération ivoirienne de fitness, cette activité visait à sensibiliser les hommes, particulièrement ceux âgés de plus de 40 ans, à l’importance du suivi médical et de l’évaluation de leur état de santé.
À cette occasion, le ministre de la Santé, Pierre Dimba, a insisté sur la nécessité du diagnostic précoce et les possibilités de prise en charge du cancer de la prostate dans le pays.
En 2025, la sensibilisation s’est poursuivie au sein de plusieurs structures publiques et privées. Le 12 novembre, l’Agence nationale du service universel des télécommunications et des TIC (ANSUT) a organisé une séance d’information sur les symptômes, les facteurs de risque et l’intérêt du dépistage précoce.
Le 20 novembre de la même année, la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM) a lancé une campagne de sensibilisation et de dépistage au profit de son personnel.
En 2026, cette dynamique s’est poursuivie avec la cérémonie officielle de clôture d’Octobre rose et de lancement de Novembre bleu, organisée vendredi 30 octobre à Agboville. Présidée par le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, cette activité a porté sur la prévention et le dépistage précoce des cancers du sein et de la prostate.
Le dépistage, un enjeu au-delà des campagnes
Malgré ces initiatives, la sensibilisation au cancer de la prostate ne saurait se limiter aux activités organisées au cours du mois de novembre. Elle pose la question de l’installation durable d’une culture de prévention chez les hommes, notamment ceux exposés aux risques liés à cette maladie.
Le CNRAO contribue aux efforts de diagnostic et de prise en charge des personnes atteintes de cancer. Toutefois, la lutte contre cette pathologie repose également sur l’information des populations, l’accès aux consultations médicales et l’orientation vers des examens adaptés à chaque situation.
Né d’une initiative symbolique en Australie, Novembre bleu est ainsi devenu un rendez-vous international de sensibilisation à la santé masculine. En Côte d’Ivoire, son principal défi reste de transformer cette mobilisation périodique en un engagement durable en faveur de la prévention et du diagnostic précoce du cancer de la prostate.
(AIP)
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