Bouaflé, 05 nov 2026 (AIP)- La région sanitaire de la Marahoué comptait 9 004 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) prises en charge à fin septembre 2026, dont 211 enfants âgés de zéro à 15 ans, selon le bilan des activités de lutte contre le VIH/sida présenté mardi 3 novembre 2026, à la préfecture de Bouaflé, lors d’une réunion du Comité régional de lutte contre le sida (CRLCS).
Présentant les résultats couvrant la période de janvier à septembre 2026, la cheffe du service de l’action sanitaire à la direction régionale de la santé et point focal de la lutte contre le VIH, Dr Gueu Judith, a indiqué que la prévalence régionale du VIH est estimée à 1,06 % pour une population de 1 090 058 habitants.
Les districts sanitaires de Bouaflé, Sinfra et Zuénoula affichent respectivement des prévalences de 1,26 %, 1,25 % et 0,68 %. Le district de Bouaflé concentre à lui seul 52 % des patients suivis dans la région.
Au cours des neuf premiers mois de l’année, 29 568 personnes ont bénéficié d’un dépistage, qui a permis de détecter 382 nouveaux cas positifs, soit un taux de positivité global de 2,7 %. Tous ces nouveaux patients ont été enregistrés dans les structures de prise en charge.
La prévention de la transmission mère-enfant a également enregistré des avancées, avec 86 femmes enceintes dépistées positives et immédiatement mises sous traitement, soit un taux de couverture de 100 %. Par ailleurs, 340 enfants sont nés de 262 femmes enceintes séropositives suivies et ayant accouché. Tous les nouveau-nés ont bénéficié d’une prophylaxie antirétrovirale dès la naissance, tandis que cinq enfants ont été déclarés positifs.
En matière d’accompagnement psychosocial, 4 671 visites à domicile ont été effectuées, 99 kits alimentaires distribués à des enfants infectés et 77 patients orientés vers des consultations spécialisées auprès de psychologues pour renforcer leur observance thérapeutique.
Malgré ces acquis, la responsable sanitaire a relevé plusieurs difficultés, notamment la stigmatisation et la discrimination, les interruptions de traitement, le suivi irrégulier des enfants exposés au VIH et la persistance de nouvelles infections chez les jeunes. Le bilan fait également état de 200 patients perdus de vue et de 120 décès sur la période considérée.
Face à ces défis, Dr Gueu a appelé au renforcement du maintien des patients dans le circuit de soins, à l’intensification de la sensibilisation, à l’élimination de la transmission mère-enfant et à une meilleure coordination entre les structures sanitaires, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Représentant le préfet de région, le préfet de Bonon, Yapi Claude Ogou, a exhorté les membres du CRLCS à renforcer leur engagement et à rendre davantage visibles les actions du comité dans les différentes localités.
« L’action du comité ne se fait pas suffisamment ressentir dans nos localités », a-t-il relevé, invitant les acteurs à développer des stratégies de proximité, même en cas d’insuffisance de moyens, afin de briser la chaîne de transmission et de sauver des vies.
Il a également assuré de la disponibilité du corps préfectoral à accompagner les initiatives du comité et souhaité une amélioration des résultats d’ici à la prochaine rencontre en 2027.
Cette réunion s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du Plan stratégique national de lutte contre le sida 2026-2030, qui vise notamment l’atteinte des objectifs mondiaux du triple 95 : permettre à 95 % des personnes vivant avec le VIH de connaître leur statut sérologique, à 95 % de celles diagnostiquées d’accéder au traitement et à 95 % des personnes sous traitement d’atteindre une suppression de leur charge virale.
L’ambition nationale est de faire du VIH/sida une épidémie qui ne constitue plus une menace pour la santé publique à l’horizon 2030.
(AIP)
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