Abidjan, 23 juin 2025 – Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a été élu dimanche 22 juin 2025 président de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors du 67e sommet des chefs d’État tenu à Abuja, au Nigeria.
Il succède au président nigérian Bola Ahmed Tinubu à la tête de l’organisation régionale amputée de trois de ses membres réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Le choix de Julius Maada Bio rompt avec l’alternance informelle entre dirigeants francophones, anglophones et lusophones, deux anglophones se succédant désormais à la présidence, créant ainsi une surprise, surtout que le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, était considéré comme favori.
Dans son discours d’investiture, le nouveau président de la CEDEAO a qualifié la sous-région de « carrefour » face à de « graves défis », en citant notamment « l’insécurité au Sahel et dans les États côtiers, le terrorisme, l’instabilité politique, les flux d’armes illicites et le crime organisé transnational ». Il a annoncé comme ses priorités la restauration de l’ordre constitutionnel, le renforcement de la sécurité régionale et l’intégration économique.
Le président Maada Bio prend les rênes d’une organisation fragilisée par le départ imminent du Mali, du Burkina Faso et du Niger, trois pays fondateurs qui ont formé l’AES. D’ailleurs, les dirigeants ont nommé un négociateur pour superviser cette procédure de retrait, prévue fin juillet prochain.
La situation sécuritaire demeure également préoccupante avec une multiplication des offensives jihadistes dans la région, touchant même le Nigeria, pays hôte du sommet.
Le président sortant Bola Ahmed Tinubu a reconnu les « défis rudes et constants » auxquels l’organisation a dû faire face, notamment les « menaces sécuritaires et l’extrémisme violent » qui continuent de s’intensifier dans la région.
Créée le 28 mai 1975, la CEDEAO est destinée à coordonner les actions des pays de l’Afrique de l’Ouest. Son but est de promouvoir la coopération et l’intégration avec l’objectif de créer une union économique et monétaire ouest-africaine. En 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création de l’Economic community of west african states cease-fire monitoring group (ECOMOG), groupe militaire d’intervention qui devient permanent en 1999. En 2025, l’organisation compte 12 États membres, avec un produit intérieur brut (PIB) global estimé en 2020 à 686 milliards de dollars américains.
(AIP
kp

