Korhogo, 10 août 2025 (AIP)-À l’aube de sa deuxième édition, le Festival africain du cinéma et de l’audiovisuel des Savanes (FACAS) s’impose déjà comme un rendez-vous incontournable du septième art en Afrique de l’Ouest. Rencontre avec Silué Sita H., dite Fatou Sticker, réalisatrice, productrice, actrice et directrice passionnée de ce festival qui met en lumière la richesse et la diversité du cinéma africain.
Interview réalisée par Soro Sionfolo

Bonjour Fatou Sticker, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Bonjour, je suis Silué Sita H., connue sous le nom de Fatou Sticker. Je suis réalisatrice, productrice, actrice, mais aussi directrice du Festival africain du cinéma et de l’audiovisuel des Savanes, le FACAS. Lancé en 2024 à Korhogo, ce festival célèbre déjà sa deuxième édition cette année, qui se déroulera du 29 août au 5 septembre 2025.
Quels sont les enjeux et les ambitions pour cette nouvelle édition ?
Cette édition s’annonce riche et ambitieuse. Nous accueillons le Maroc comme pays invité d’honneur, tandis que la région de la Marahoué est mise à l’honneur en Côte d’Ivoire. Nous attendons des professionnels venus du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, de la France, du Togo, du Cameroun, de la Belgique, de l’Espagne et bien sûr du Maroc. Au-delà du cinéma, le FACAS est une véritable vitrine pour nos patrimoines culturels et touristiques, avec des visites prévues des sites artisanaux et naturels comme les perliers de Kapélé, la forge de Koni, ou encore l’éco-ferme de Lokoli à Sinématiali. C’est aussi une plateforme de formation pour la jeunesse locale, essentielle pour faire grandir notre industrie.
Le FACAS est avant tout un festival de cinéma avec une compétition. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Effectivement, le FACAS est un festival de cinéma qui organise une compétition officielle. Nous avons lancé l’appel à films le 5 mai 2025 et reçu 105 candidatures. Après une sélection rigoureuse, 54 films ont été retenus en compétition, avec six autres en hors compétition. Ces œuvres seront projetées durant toute une semaine, et les meilleurs recevront des récompenses. Notre jury, composé de quatre experts, deux femmes et deux hommes, a effectué un travail minutieux pour garantir une sélection de qualité.
Cela semble un travail colossal. Comment avez-vous organisé ce processus ?
C’est un véritable marathon. Le premier jury a visionné chaque film avec rigueur selon des critères précis. Ensuite, un second jury, constitué de professionnels reconnus, critiques et réalisateurs venus d’horizons divers, évaluera la qualité artistique et technique des films sélectionnés. Ce double regard assure une compétition sérieuse et équitable.
En quoi cette deuxième édition diffère-t-elle de la première ?
La première édition, soutenue par madame la ministre de la Culture, Françoise Remarck, et monsieur Lancina Ouattara, maire de Korhogo, était centrée sur les talents locaux, afin de donner un cadre structurant aux jeunes réalisateurs ivoiriens. Cette année, nous élargissons notre horizon en invitant des films de plusieurs pays, ce qui élève la barre et enrichit la compétition. Les œuvres reçues sont de qualité nettement supérieure, preuve de l’essor du cinéma africain.
Parlez-nous du Maroc, pays invité d’honneur, et des autres particularités de cette édition.
Le Maroc est à l’honneur avec six films inédits qui n’ont pas encore été présentés dans d’autres festivals. C’est un réel privilège de les partager avec notre public. Par ailleurs, plusieurs personnalités de renom confirmeront leur présence, notamment M. Aka Ouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, M. Souleymane Diaby, diplomate et PDG du groupe MSN, ainsi que Mme Patricia Claude Kalou, présidente de la Conférence des producteurs audiovisuels de Côte d’Ivoire. Le FACAS 2025 promet donc un événement d’envergure, qui mettra en lumière les enjeux du cinéma africain et son rayonnement mondial.
Quel message souhaitez-vous adresser au public pour mobiliser autour du FACAS ?
Je lance un appel à toutes les populations du Poro, de la Bagoué, du Tchologo et d’ailleurs : « Préparez-vous à vivre un moment unique ». Le FACAS est une célébration de notre culture, un rendez-vous pour découvrir des films puissants, assister à des formations, des masterclasses et rendre hommage aux pionniers du cinéma africain. Venez nombreux du 29 août au 5 septembre pour partager une semaine exceptionnelle dédiée au cinéma, à la culture et au développement.
Merci beaucoup Fatou Sticker. Nous vous souhaitons un franc succès pour cette deuxième édition du FACAS.
Merci à vous. J’espère voir tous les cinéphiles et passionnés réunis à Korhogo pour faire de ce festival une réussite éclatante. Nous vous attendons à bras ouverts !
(AIP)
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